Les responsables des différents cultes religieux en France ont unanimement condamné mercredi l’attaque sanglante contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo au cri d' »Allah Akbar », qui a fait 12 morts et 11 blessés.

Au nom de tous les dignitaires catholique, protestant, orthodoxe, musulman, juif, bouddhiste, reçus par le président socialiste François Hollande, le président de la Fédération protestante de France (FPF), François Clavairoly, a condamné un « acte odieux » et exprimé un sentiment de « révolte ».

« Jamais nous ne laisserons des hommes être ainsi lâchement assassinés sans réagir », a-t-il poursuivi, sur le perron du palais présidentiel de l’Elysée.

Il a annoncé que les représentants des différents cultes se réuniraient jeudi « tous ensemble » dans l’idée d’aboutir à « une proposition » commune, sans plus de détails.

Cet attentat sanglant « est un coup porté à l’ensemble des musulmans », a déclaré pour sa part le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur.

« Il ne semble pas que c’est au nom de l’islam » que cet attentat ait été commis, a lancé Dalil Boubakeur, également recteur de la Grande mosquée de Paris. « Il semble au contraire que c’est un coup porté à l’ensemble des musulmans », a-t-il ajouté.

« Le président nous a dit de continuer à espérer », a déclaré de son côté à quelques journalistes le grand rabbin de France, Haïm Korsia. « On ne baisse pas les bras », a-t-il poursuivi.

« Ce n’est pas la peur qui va gagner, mais le meilleur en nous qui doit se réveiller », a commenté Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France (CEF).

Prévue de longue date, la traditionnelle cérémonie d’échanges de voeux pour la nouvelle année entre les représentants des cultes et le président français a pris un tour particulier quelques heures après l’attentat commis dans les locaux de l’hebdomadaire Charlie Hebdo, le plus meurtrier en France depuis des décennies.

Cette attaque a rapidement fait penser à une vengeance des islamistes contre un journal symbole de la liberté d’expression, menacé pour avoir publié en 2006 des caricatures du prophète Mahomet.

Les tueurs, en fuite et activement recherchés par les forces de l’ordre, ont semblé suivre des consignes données notamment par le groupe Etat islamique (EI), contre lequel la France est engagée militairement en Irak.