NEW YORK (JTA) — Chaque année, l’école juive Aleph d’Annapolis, dans le Maryland, organisait un exercice anti-incendie pour ses 32 élèves.

Puis l’école a été la cible d’une alerte à la bombe au mois de février.

Alors, cette année, l’école est passée au niveau supérieur, ajoutant un exercice mensuel d’évacuation à l’exercice anti-feu.

L’alerte à la bombe « a nécessité plus de pratiques avec les enfants et le personnel pour voir qui est responsable de quoi », explique Sarah White, la directrice de l’établissement. « Nos professeurs sont très conscients de ce qu’il se passe autour d’eux ».

L'adolescent juif israélo-américain, au centre, qui a été accusé d'avoir fait des dizaines d'alertes à la bombe antisémites aux Etats-Unis et ailleurs, escorté par des gardes alors qu'il quitte le tribunal de Rishon Lezion, le 23 mars 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

L’adolescent juif israélo-américain, au centre, qui a été accusé d’avoir fait des dizaines d’alertes à la bombe antisémites aux Etats-Unis et ailleurs, escorté par des gardes alors qu’il quitte le tribunal de Rishon Lezion, le 23 mars 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Ce n’était pas tant de savoir d’où venait la menace, c’était de réaliser que l’antisémitisme peut venir de beaucoup d’endroits », a déclaré le rabbin-chantre Scott Sokol, directeur de l’école juive de MetroWest à Framingham, dans le Massachusetts, qui a fait l’objet d’alertes au mois de mars. « Quelles que soient les raisons pour lesquelles les gens peuvent faire ça, il y a simplement un climat dans ce pays qui nous a tous placés dans une situation précaire ».

Certaines écoles, comme Aleph Bet, ont réagi aux potentielles menaces en renforçant leur sécurité. MetroWest surveille de près les entrées et les sorties tandis que l’école juive Charles E. Smith de Rockville, dans le Maryland, a renforcé la présence policière sur ses deux campus.

Le Secure Community Network, un groupe juif qui conseille les synagogues, les écoles et les autres institutions sur la sécurité, recommande depuis longtemps de conserver un plan de notification et d’évacuation d’urgence, de contrôler les entrées dans les bâtiments et de maintenir les relations avec les forces locales de l’ordre.

« La réalité, c’est que nous anticipons tous le fait qu’il y aura davantage de problèmes à l’avenir », explique Paul Bernstein, directeur-général de Prizmah, un consortium d’écoles juives.

« L’état du monde, l’état d’incertitude et d’attaques qui surviennent généralement contre les Juifs dans de nombreux endroits du monde, les risques de notre environnement politique national, créent des situations où les menaces et les attaques peuvent survenir ».

Des communications efficaces et fréquentes avec les parents sont déterminantes, estime Bernstein, de manière à ce que les menaces ne soient pas exagérées ou mal interprétées. Dans le contexte d’alertes à la bombe, cette année, ont indiqué certains administrateurs, interagir avec les parents a été l’un des aspects les plus stressants de la gestion des menaces.

« La manière dont vous communiquez avec ces familles dans ces écoles est cruciale pour réussir », dit Bernstein, notant la rapidité avec laquelle les médias sociaux transmettent une information et souvent sans contexte.

Prizmah travaille avec le Secure Community Network afin de pouvoir fournir aux écoles affiliées les meilleures méthodes sécuritaires et les aider à partager entre elles les expériences les plus pertinentes.

Le centre communautaire juif d'Albany temporairement évacué suite à une alerte à la bombe, le 18 janvier 2017. (Crédit : capture d'écran Twitter via JTA)

Le centre communautaire juif d’Albany temporairement évacué suite à une alerte à la bombe, le 18 janvier 2017. (Crédit : capture d’écran Twitter via JTA)

La vague d’alerte à la bombe a néanmoins convaincu de nombreux responsables d’école qui se sont entretenus avec JTA de la sûreté de leurs établissements. Ils ont souvent la certitude d’avoir déjà fait ce qu’ils devaient faire.

« Nous avons le niveau de sécurité le plus élevé pour notre établissement et l’on n’a pas eu besoin encore de le relever parce qu’il est déjà au point où les parents sont satisfaits des arrangements qui ont été pris », raconte Jennifer Rosenberg, directrice de l’école hébraïque d’Ann Arbor. L’école, qui accueille 48 élèves, a été la cible d’une alerte à la bombe au mois de février.

Les rapports concernant une hausse de l’antisémitisme ou le rassemblement des suprématistes blancs de Charlottesville ne vont pas induire un changement radical dans les écoles non plus. Certains ont revu comment répondre aux questions sur l’antisémitisme, et l’école Charles E. Smith School a envoyé un courriel aux parents dénonçant le suprématisme blanc qui a suivi le rassemblement. Mais les administrateurs ont indiqué qu’ils s’attendaient à évoquer l’antisémitisme dans leurs classes à travers les préjugés, l’histoire juive et l’Holocauste.

Membres du Ku Klux Klan et d'autres associations avant un rassemblement appelant à la protection des monuments confédérés à Charlottesville, en Virginie, le 8 juillet 2017. (Crédit : Andrew Caballero-Reynolds/AFP)

Membres du Ku Klux Klan et d’autres associations avant un rassemblement appelant à la protection des monuments confédérés à Charlottesville, en Virginie, le 8 juillet 2017. (Crédit : Andrew Caballero-Reynolds/AFP)

« Nous n’allons pas changer notre programme sur la base d’un événement », dit Marc Lindner, principal au lycée Charles E. Smith. « Nous allons enseigner, comme nous le faisons toujours, à nos élèves d’être conscients des dangers tels que celui-là et à être capable de réfléchir et de prendre des décisions sur la base d’un raisonnement sain, d’une pensée saine et des valeurs juives ».

Les administrateurs veulent également éviter de créer un climat de peur par le biais de mesures de sécurité. Tandis que les écoles veulent faire garder leurs portes, il y a également le danger d’intimider les élèves.

« Quand les gamins vont et viennent, nous sommes toujours conscients de cela », dit Sokol. « Mais nous ne les poussons pas à se dire : ‘Oh, rentrons vite à l’intérieur parce que nous devons fermer la porte ».