« Nous n’oublierons jamais » : la maire de Bagneux (Hauts-de-Seine) a rendu un vibrant hommage mardi soir à la mémoire d’Ilan Halimi, jeune juif tué en 2006, devant la nouvelle plaque commémorative installée dans un parc de la ville à la place de celle récemment dégradée.

Rose blanche à la main, quelque 120 personnes, habitants et élus locaux ceints de leur écharpe tricolore, se sont rassemblés à l’appel de l’édile communiste Marie-Hélène Amiable pour une minute de silence face à cette plaque rendant hommage à cette « victime de la barbarie, de l’antisémitisme et du racisme ».

La dégradation de la précédente stèle avec des inscriptions antisémites et des insultes, découverte le jour de la Toussaint, avait provoqué l’indignation de la classe politique et des associations juives.

La plaque d’hommage à Ilan Halimi avait été installée en 2011, cinq ans après sa mort, dans la ville où il avait été séquestré, torturé et tué par le « gang des barbares », un groupe persuadé de pouvoir obtenir une rançon de sa famille juive.

Elle avait déjà dû été remplacée une première fois en 2015 après avoir été brisée. Les coupables n’ont pas été retrouvés.

Une enquête a cette fois encore été ouverte pour « dégradation volontaire », confiée à la Sûreté territoriale des Hauts-de-Seine.

« Tout est fait pour retrouver le ou les coupables de cette infâme profanation. Il est important que ces faits ne restent pas impunis », a ajouté Mme Amiable, confirmant qu’un jardin boisé dans un éco-quartier en construction dans la ville porterait le nom du jeune homme « pour que personne n’oublie ce qui s’est passé en 2006 ».

« Les petits voyous qui ont voulu saccager cette stèle et (la) marquer de leur empreinte, l’antisémitisme, ils ne gagneront pas », a tancé Elie Korchia, vice-président du Consistoire de Paris et président du Conseil des communautés juives des Hauts-de-Seine, appelé lui aussi à prendre la parole.

« Nous sommes tous atteints » par cette profanation, « nous devons tous réagir », a exhorté de son côté le sous-préfet de département Philippe Maffre.

La dépouille d’Ilan Halimi repose en Israël, selon la volonté de sa famille.