Les Palestiniens ont retiré mercredi leur demande de devenir membre de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) des Nations unies en raison de pressions israéliennes et américaines, a indiqué au Times of Israël une source à Jérusalem.

Le vote, qui devait avoir lieu mercredi, a été reporté à la prochaine session plénière de l’OMT, qui aura lieu dans deux ans.

Le ministère des Affaires étrangères a salué cette décision, et a affirmé qu’elle avait pour origine les « formidables efforts israéliens dirigés par le ministre [du Tourisme] Yariv Levin, à la tête de la délégation israélienne. »

L’Autorité palestinienne (AP) avait soumis sa candidature à l’OMT au mois de septembre 2016.

Selon l’ordre du jour de la deuxième session de l’OMT, qui a débuté lundi à Chengdu, en Chine, l’AP avait présenté son dossier d’adhésion à l’organisation aux côtés des Comores et de la République fédérale de Somalie.

Pour obtenir le statut convoité, les Palestiniens auraient dû réunir un vote à la majorité des deux tiers.

Jared Kushner, à gauche, conseiller à la Maison Blanche, et Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, à Ramallah, le 24 août 2017. (Crédit : WAFA)

Jared Kushner, à gauche, conseiller à la Maison Blanche, et Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, à Ramallah, le 24 août 2017. (Crédit : WAFA)

Lorsque Jared Kushner, conseiller de la Maison Blanche, et son équipe ont rencontré le président de l’AP Mahmoud Abbas à Ramallah le mois dernier, les Américains auraient demandé aux Palestiniens un délai de grâce de trois à quatre mois pour présenter un plan de paix. Durant cette période, les Américains auraient demandé aux Palestiniens de réduire leurs efforts de reconnaissance au sein des organisations internationales.

L’AP a gardé le silence sur ce vote programmé et, mercredi, un porte-parole du ministère palestinien du Tourisme s’est refusé à tout commentaire.

Si l’OMT avait voté en faveur des Palestiniens, cette institution de l’ONU aurait été la deuxième à leur accorder le même statut qu »autres états pleinement reconnus.

Lors d’une initiative controversée, l’UNESCO a accordé en 2011 le statut de membre aux Palestiniens. En réponse, les Etats-Unis et Israël ont coupé leur financement à cet organisme, le privant d’environ un quart de son budget total.

L’organisation juive mondiale Bnai Brith avait critiqué la décision prise par l’OMT d’accepter le dossier de candidature des Palestiniens.

Cérémonie officielle de levée du drapeau palestinien devant le siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris, pour marquer la pleine admission de la Palestine en tant que 195e membre de l'organisation  en décembre 2011. (Crédit : ONU/UNESCO/Danica Bijeljac )

Cérémonie officielle de levée du drapeau palestinien devant le siège de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris, pour marquer la pleine admission de la Palestine en tant que 195e membre de l’organisation en décembre 2011. (Crédit : ONU/UNESCO/Danica Bijeljac )

« Les Palestiniens ne doivent pas obtenir l’autorisation de renverser l’ordre international et de profiter de traitements qui ne sont accordés à aucun autre groupe en étant admis au sein des organisations internationales en tant qu’ ‘état’ avant qu’ils n’aient obtenu ce statut », avait dit Bnai Brith dans un communiqué.

« Une telle admission ne peut qu’encourager les Palestiniens à rejeter les négociations directes et un compromis significatif avec Israël qui pourrait garantir les besoins fondamentaux des deux parties », concluait l’organisation.