Les membres du cabinet de sécurité – cabinet restreint, traitant des affaires de sécurité – ont fait savoir mardi que le gouvernement ne mènera pas de négociations diplomatiques avec un gouvernement d’unité palestinien qui inclurait le Hamas jusqu’à ce que l’organisation terroriste renonce à ses activités terroristes et reconnaisse l’État d’Israël.

Dans un communiqué, le cabinet de sécurité, composé de ministres, a énuméré certaines conditions qui doivent être remplies pour qu’Israël accepte de reprendre les négociations de paix avec les Palestiniens, notamment la dissolution de l’arsenal du Hamas ; le retour des dépouilles des soldats et le rapatriement des civils qui sont actuellement détenus par le Hamas dans l’enclave ; le retour entre les mains de l’Autorité palestinienne du contrôle total de la sécurité dans la bande de Gaza, notamment à tous les postes-frontières ; la poursuite des efforts de l’AP contre les « infrastructures terroristes » du Hamas en Cisjordanie ; et la rupture des liens entre le Hamas et l’Iran.

Les ministres ont indiqué que le Hamas doit renoncer au terrorisme et reconnaître l’État juif, conformément aux directives qui ont été avancées par le Quartet diplomatique chargé de faciliter le processus de paix au Moyen Orient, duquel font partie les États-Unis, les Nations unies, l’Union européenne et la Russie.

Il est également stipulé que toute assistance ou matériel humanitaire destiné à Gaza doit être acheminé par l’AP et par les systèmes en vigueur, afin d’éviter toute contrebande vers le groupe terroriste.

Le « cabinet de sécurité » israélien a indiqué que le gouvernement ne mènerait « pas de négociations avec un gouvernement palestinien comprenant le Hamas, organisation terroriste qui appelle à la destruction d’Israël, aussi longtemps qu’il ne remplit pas les conditions » israéliennes.

Israël a également énoncé comme condition que l’Autorité assume le contrôle total de la sécurité dans la bande de Gaza, y compris aux points de passage vers Israël et l’Egypte.

Dans la bande de Gaza, le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum a déclaré à l’AFP que son mouvement ignorerait de « telles ingérences flagrantes dans les affaires palestiniennes ».

« La réponse », a-t-il ajouté, « doit être de continuer à renforcer le front intérieur palestinien, et la réconciliation dans tous les domaines » sur lesquels le Hamas et l’Autorité palestinienne se sont entendus au Caire.

Le porte-parole du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a également rejeté la déclaration israélienne.

« Les remarques israéliennes ne changeront pas la position officielle palestinienne, qui est d’aller de l’avant avec la réconciliation et satisfaire les espoirs et les aspirations de notre peuple », a déclaré Nabil Abou Roudeina dans un communiqué repris par l’agence officielle Wafa.

« La communauté internationale, dont l’administration américaine, a salué le retour de l’Autorité palestinienne (…) dans la bande de Gaza », a-t-il ajouté.

Khaled Fawzi, 3ème à gauche, chef des services égyptiens de renseignement, s'esclaffe aux côtés du leader du Hamas, Izzat al-Rishq, 2ème à gauche, et d'Azzam al-Ahmad du Fatah, au centre, suite à la signature de l'accord de réconciliation au Caire, le 12 octobre 2017 (Crédit :AFP / KHALED DESOUKI)

Khaled Fawzi, 3ème à gauche, chef des services égyptiens de renseignement, s’esclaffe aux côtés du leader du Hamas, Izzat al-Rishq, 2ème à gauche, et d’Azzam al-Ahmad du Fatah, au centre, suite à la signature de l’accord de réconciliation au Caire, le 12 octobre 2017 (Crédit :AFP / KHALED DESOUKI)

Bien que le communiqué indique qu’Israël ne prendra part à aucune négociation de paix jusqu’à ce que ces conditions soient remplies, il n’est pas précisé si Israël a l’intention de rompre les liens avec l’AP ou de mettre fin à la coopération sécuritaire.

Le chef du parti HaBayit HaYehudi Naftali Bennett a salué le cabinet de sécurité pour la détermination de ces conditions préalables à de futures négociations entre Israël et le nouveau gouvernement d’unité qui sera établi entre le Fatah et le Hamas.

Dans un communiqué, Bennett a fait part de sa satisfaction au Premier ministre pour avoir adopté cette initiative « stratégique ».

Il a ajouté que l’armée israélienne et le gouvernement sauraient résister fermement aux « pressions internationales et palestiniennes » pour la reprise des négociations avec les Palestiniens.

Il a précisé que le gouvernement devait concentrer ses efforts sur le rapatriement des civils et des dépouilles des soldats israéliens détenus par le groupe terroriste.

Bien que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ait manifesté son opposition à cet accord de réconciliation, et a indiqué qu’il rendait « la paix encore plus difficile à atteindre », il aurait déclaré aux membres de son cabinet lundi, selon le quotidien Haaretz, qu’Israël ne romprait pas ses liens avec l’AP et qu’il était dans l’intérêt d’Israël de soutenir cet accord afin d’éviter une crise humanitaire à Gaza.

La décision du cabinet de sécurité de mardi est survenue après un démenti publié par un porte-parole du Hamas, selon lequel le groupe terroriste n’avait aucunement l’intention de mettre fin aux attentats en Cisjordanie contre Israël dans le cadre de cet accord de réconciliation, signé avec l’Autorité palestinienne, dirigée par le Fatah.

« Il n’y a pas de clause secrète dans ce protocole de réconciliation et ce que l’occupation a publié sur la résistance qui prendrait fin en Cisjordanie n’est pas vrai », a dit un porte-parole du Hamas, Husam Badran, au site d’information palestinien Quds Network.

« Ce positionnement de choisir la résistance n’est lié à aucune personne ni à aucune entité, mais c’est plutôt celui qu’a décidé la population palestinienne toute entière. La situation naturelle est que tant qu’il y aura une occupation, il y aura une résistance pour l’affronter », a ajouté Badran.

Samedi, le quotidien israélien Maariv avait annoncé qu’un accord passé entre les factions rivales palestiniennes du Hamas et du Fatah comprenait une « clause secrète » selon laquelle le Hamas, l’organisation terroriste qui dirige la bande de Gaza, cesserait de mener des attaques contre les Israéliens depuis la Cisjordanie.

Dimanche, le quotidien pan-arabe As-Sharq al-Awsat basé à Londres avait également fait savoir qu’il y avait eu un « accord implicite » passé entre le Hamas et le Fatah que le groupe terroriste étendrait son cessez-le-feu actuel avec Israël depuis Gaza à la Cisjordanie.

Tandis que le Hamas a convenu depuis des années d’un cessez-le-feu contre Israël depuis la bande de Gaza, ses agents ont continué à programmer et à provoquer des attaques contre les forces de sécurité et des civils israéliens depuis la Cisjordanie.