HyperCacher/Charlie Hebdo : La solitude des rescapés d’attentat après la tempête médiatique
Rechercher

HyperCacher/Charlie Hebdo : La solitude des rescapés d’attentat après la tempête médiatique

"J’ai fini par accepter l’idée que j’étais seule avec ce fardeau. Et je n’en veux à personne, c’est comme ça," explique Zarie, rescapée de l'HyperCacher

Un policier montant la garde le 21 janvier 2015 devant le magasin HyperCacher à Paris où quatre Juifs ont été  assassinés par Amédy Coulibaly, le 9 janvier 2015. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)
Un policier montant la garde le 21 janvier 2015 devant le magasin HyperCacher à Paris où quatre Juifs ont été assassinés par Amédy Coulibaly, le 9 janvier 2015. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)

La journaliste Lucile Berland a rencontré durant un an, huit rescapés des attentats parisiens de janvier et novembre 2015.

Le journal en ligne Slate publie des extraits de cet ouvrage intitulé En Vie. Paroles d’espoir de rescapés d’attentats (ed. Hugo Doc). On y croise entre autres Zarie, présente dans l’HyperCacher ce vendredi 9 janvier. Elle raconte à la journaliste les jours et les mois difficiles qui ont suivi après l’attentat.

« Au début, quand les gens écoutaient mon histoire, ils n’arrêtaient pas de dire « Je vois, je comprends ». Et ça m’énervait ! C’est normal, j’aurais dit la même chose à leur place mais… non, ils ne peuvent pas comprendre, » explique Zarie qui habite en Israël depuis 6 mois.

« Voir des gens se faire abattre en pleine journée dans un supermarché à Paris, en 2015, c’est tellement improbable ! Donc petit à petit, j’ai fini par accepter l’idée que j’étais seule avec ce fardeau. Et je n’en veux à personne, c’est comme ça. »

La journaliste a remarqué un même passage à vide chez les rescapés, une fois la tempête médiatique derrière eux.

« Au début ça va, on est très entouré, j’avais des coups de fil tout le temps, de gens du monde entier, même des cousins américains que je n’avais jamais vus ! Ça m’a énormément aidée, » confie Zarie dans En Vie « Mais après, quand tout disparaît, on se dit : ‘Ça y est, ils ont déjà oublié…’ Mais pas nous ! Nous, notre mal n’est pas parti ! On se réveille avec tous les matins et on se couche avec tous les soirs. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...