La ville bédouine de Hura a déclaré mercredi un jour de deuil après l’accident mortel d’autobus au cours duquel huit de ses habitantes ont trouvé la mort.

Toutes les écoles et les entreprises locales de la localité méridionale devraient être fermées pour la journée, a déclaré un fonctionnaire local à la Deuxième chaîne.

« C’est une atmosphère douloureuse, cela ne pas passera facilement, il faudra beaucoup de temps pour se remettre », a dit le parent de l’une des victimes.

Les huit victimes – qui rentraient chez elles après un office de prières à la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem – devraient être inhumées mercredi après-midi à Hura.

Les noms des victimes de l’accident sont : Fatima Abu Alkian, Manwa Abu Alkian, Kafiya el-Usiwa, Issra el-Nabari, Hadra a-Lasid, Noura el-Atrash, Zana Abu Trech, Naama Abu Shachta.

Vingt-huit personnes ont également été blessées dans l’accident.

Les enquêteurs estiment que la collision s’est produite après qu’un tracteur a glissé d’un camion vers le bus alors que que les véhicules circulaient sur la route 31, près du carrefour Lehavim dans le nord du Néguev.

Les chauffeurs de l’autobus et du camions impliqués dans l’accident ont été arrêtés par la police mardi soir ; ils sont soupçonnés de conduite dangereuse ayant causé la collision et la mort par négligence.

Le site d’information Walla a rapporté mercredi matin que le conducteur du camion qui transportait des tracteurs avait accumulé plus de 100 infractions à la circulation. Il a été placé en détention provisoire .

La police soupçonne que le tracteur transporté par le camion était plus large que ce que la loi autorise.

L’un des passagers blessés décrit la scène comme « un film d’horreur » et évoque « des gens (qui) étaient tout simplement déchiquetés ».

Les politiciens locaux et les proches des victimes ont accusé le gouvernement d’avoir ignoré leurs avertissements sur l’état dangereux de la route.

Eli Levi, le président du conseil régional Lehavim, a dit avoir mis en garde le ministère des Transports quelques heures seulement avant l’accident à propos de la route à deux voies.

Un homme nommé Ali a affirmé mardi à la Deuxième chaîne que plusieurs de ses parents font partie des morts et des blessés.

Les victimes ont été « assassinées », a déclaré Ali, blâmant l’état de la route, et le fait qu’un grand camion ait été autorisé à circuler sur une route si étroite.

Selon la Deuxième chaîne, une moyenne de 10 personnes meurent chaque année sur cette route.

« J’accuse le chauffeur de bus, ce genre de conducteur ne doit pas être autorisé sur la route », a dit au site Ynet un homme de 62 ans, dont la mère a été tuée dans l’accident.

« Le gouvernement est également coupable parce que nous n’avons pas d’infrastructures dans les villages bédouins. Nous avons en permanence des catastrophes en raison des routes, personne ne tient compte de nos vies. »

Le directeur de la société de transport dont le bus a été impliqué dans l’accident a déclaré que le chauffeur a fait porter la responsabilité de l’accident sur le camion.

« Tout en pleurant, il m’a dit qu’il y avait un accident, beaucoup de morts, puis a raccroché », a raconté l’homme présenté sous le nom de Nazir par la Deuxième chaîne.