L’armée israélienne a bouclé mardi le village palestinien de Bayt Surik, en Cisjordanie, après que l’un de ses habitants a tué trois officiers de sécurité israéliens mardi matin, devant l’implantation voisine de Har Adar.

Selon l’armée, les habitants du village palestinien peuvent y entrer librement, mais ne « pourront sortir que pour des motifs humanitaires. »

Après l’attentat, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé qu’Israël allait démolir la maison du terroriste et suspendre tous les permis de travail détenus par des membres de sa famille.

Mardi matin, le terroriste, Nimer Mahmoud Ahmad Jamal, 37 ans, a sorti un pistolet et tiré sur un groupe d’officiers de sécurité qui ouvrait les portes arrières de Har Adar aux employés palestiniens.

Salomon Gavriyah, garde-frontière âgé de 20 ans, qui habitait à Beer Yaakov, tué le 26 septembre 2017 dans un attentat terroriste perpétrée devant l'implantation de Har Adar. (Crédit : police israélienne)

Salomon Gavriyah, garde-frontière âgé de 20 ans, qui habitait à Beer Yaakov, tué le 26 septembre 2017 dans un attentat terroriste perpétré devant l’implantation de Har Adar. (Crédit : police israélienne)

Un garde-frontière, Salomon Gavriyah, 20 ans, de Beer Yaakov, et deux gardes de sécurité, Youssef Ottman, 25 ans, de la commune arabe israélienne voisine d’Abu Ghosh, et un résident de Har Adar, qui n’a pas encore été identifié, ont été tués dans l’attentat. Un autre homme, le coordinateur de la sécurité de l’implantation, a été grièvement blessé au ventre et à la poitrine.

En plus de fermer le village, l’armée a envoyé des troupes supplémentaires dans la zone entourant Har Adar, qui est située au bord de la ligne qui sépare la Cisjordanie du territoire israélien reconnu par la communauté internationale.

Le général de division Roni Numa, qui dirige le Commandement central de Tsahal, et le général de brigade Eran Niv, qui dirige la division de Cisjordanie, se sont rendus sur les lieux de l’attentat « pour mener une évaluation de la situation », a indiqué l’armée dans un communiqué.

Suite à la fermeture de Bayt Surik, une petite émeute a éclaté dans le village voisin de Bidu. Selon l’armée, environ 15 personnes y ont pris part.

Jamal, le terroriste, avait travaillé dans l’implantation et détenait un permis de travail pour les communautés israéliennes situées le long de la Ligne verte.

Nimer Mahmoud Ahmed Jamal, qui a tué trois Israéliens et en a blessé un grièvement devant l'implantation de Har Adar, le 26 septembre 2017. (Crédit : Facebook)

Nimer Mahmoud Ahmed Jamal, qui a tué trois Israéliens et en a blessé un grièvement devant l’implantation de Har Adar, le 26 septembre 2017. (Crédit : Facebook)

Suite à l’attentat, des politiciens ont appelé le ministère de la Défense à réexaminer le processus de délivrance des permis de travail. Les implantations israéliennes de la région autorisent cependant les travailleurs palestiniens à entrer librement.

Le Shin Bet a déclaré que Jamal semblait souffrir de « problèmes familiaux et personnels importants. » Il aurait déjà été violent envers sa famille.

Jamal n’a cependant jamais été associé à des activités terroristes, ce qui l’aurait empêché de recevoir un permis de travail.

Message privé envoyé la veille de l'attentat par le terroriste de Har Adar, Nimer Mahmoud Ahmed Jamal, à son épouse qui l'avait quitté. Capture d'écran publiée par l'armée le 26 septembre 2017. (Crédit : armée israélienne)

Message privé envoyé la veille de l’attentat par le terroriste de Har Adar, Nimer Mahmoud Ahmed Jamal, à son épouse qui l’avait quitté. Capture d’écran publiée par l’armée le 26 septembre 2017. (Crédit : armée israélienne)

Le Shin Bet a souligné que l’épouse du terroriste l’avait quitté il y a quelques semaines et s’était installée en Jordanie, le laissant seul avec leurs enfants.

L’armée a publié un message privé qu’il avait envoyé à sa femme, l’appelant une « mère miséricordieuse », et s’excusant de la manière dont il l’avait traitée. Il lui dit qu’il est dans « un mauvais état de santé », et que ce qu’il comptait faire n’était pas de sa faute à elle.

Les problèmes personnels et de santé mentale ont été fréquemment retrouvés chez les terroristes qui ont mené des attaques pendant ces deux dernières années. L’âge de Jamal et le fait qu’il détenait un permis de travail le distinguent cependant des autres assaillants.

Pendant une conférence de presse après l’attentat, Roni Alsheich, le chef de la police israélienne, a déclaré que, « à mon grand regret, il n’y a pas de profil du terroriste. »

« Ce pourrait être quelqu’un qui en a marre de tout et décide d’exprimer sa rage en perpétrant une attaque », a-t-il ajouté.

Alsheich, ainsi que le ministre de la Défense Avigdor Liberman, ont affirmé que le responsable final de l’attentat était l’Autorité palestinienne (AP), l’accusant d’incitation à la violence.

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, avant la réunion hebdomadaire de cabinet dans les bureaux du Premier ministre, le 11 juin 2017. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, avant la réunion hebdomadaire de cabinet dans les bureaux du Premier ministre, le 11 juin 2017. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)

« L’Autorité palestinienne continue d’inciter au meurtre de Juifs et de louer et de rendre hommage aux meurtriers. C’est la cause centrale du climat d’incitation [à la violence] sur tous les réseaux médiatiques et sociaux, qui entraîne des attaques terroristes contre les citoyens de l’Etat d’Israël », a-t-il déclaré dans un communiqué

L’attentat a eu lieu peu avant 7h00 mardi matin, à l’entrée arrière de l’implantation, avant que les employés palestiniens ne soient autorisés à y pénétrer.

Har Adar est situé à la limite de la Cisjordanie, près de la route principale entre Jérusalem et Tel Aviv. La riche commune n’est pas une cible fréquente d’attaques palestiniennes. En octobre 2016, un garde-frontière avait été poignardé au bras près de l’implantation.

Chen Filipovitz, qui dirige le conseil municipal, a rendu hommage aux agents de sécurité de son implantation pour leur réaction rapide.

« Nos employés et notre coordonnateur de la sécurité ont fait le nécessaire », a-t-il dit à la Deuxième chaîne. Ce n’était pas dans l’implantation, mais à la porte où entrent les travailleurs. Il y a des centaines de travailleurs qui entrent tous les jours pour travailler à Har Adar et dans les communes environnantes. »

Le Hamas, groupe terroriste palestinien, a salué l’attentat, déclarant que, « une fois encore, Jérusalem a prouvé qu’elle est au cœur du conflit contre l’occupation, et qu’il n’y a aucun moyen de la sortir de l’équation du conflit. »

Stuart Winer et Dov Lieber ont contribué à cet article.