JTA – Environ 200 juifs du monde entier ont visité la Cisjordanie en réponse au récent discours du Secrétaire d’État John Kerry, qui mettait en garde contre les dangers de l’expansion des implantations.

C’est un styliste de mode originaire de Miami, Joseph Waks, qui a réuni ce groupe à la dernière minute. Ils ont visité les communautés juives et ont rencontré leurs dirigeants lundi pour manifester leur solidarité au mouvement des implantations. Plusieurs dizaines de participants ont voyagé depuis des pays différents. La plupart d’entre eux étaient des citoyens étrangers qui vivent en Israël ou en vacances pour Hanoukka. Quelques-uns sont nés en Israël.

« Ce n’était pas un voyage politique. C’était plutôt pour montrer que nous nous soucions et nous soutenons ceux qui vivent en Judée et en Samarie [désignation biblique de la Cisjordanie] et à Jérusalem, qui est maintenant remise en question » sur le plan territorial, a déclaré Waks dans une conversation téléphonique depuis le mur Occidental dans la Vieille ville de Jérusalem, où le voyage s’est terminé.

« Nous ne sommes pas des experts. Mais nous croyons en notre droit à vivre dans l’État juif, et nous sommes fiers de ce qui a été construit ici », dit-il. « Nous avons entendu quelqu’un dire que notre État ne serait plus juif, et nous pensons que c’est discutable. »

La majorité de la communauté internationale considère que les implantations israéliennes à Jérusalem Est et en Cisjordanie sont illégales au regard du droit international. Mais Israël conteste cela.

Waks a déclaré qu’il pensait que ce voyage, qu’il a coorganisé avec des dirigeants d’implantations, a envoyé un message à l’administration Obama, à savoir, que son approche critique d’Israël est inacceptable. Waks, qui se décrit comme un juif libéral laïc affirme qu’il soutenait le président Barack Obama à l’origine.

« Mais ce président s’est révélé être un désastre », a déclaré Waks. « Nous espérons que la prochaine administration [du président élu Donald Trump] soutiendra Israël, ce qui renforcera le Moyen-Orient, l’État juif, et l’Amérique. »

Waks a parlé de ce voyage sur sa page Facebook, suivie par 5 000 utilisateurs, et remplie de commentaires de tendance droitiste pro-israélienne. Il a lancé un appel à l’action au lendemain du discours de Kerry et a déclaré que ce voyage serait « en l’honneur de John Kerry et des récentes résolutions antisémites et honteuses des Nations unies qui contestent le droit historique et légal des juifs à vivre en Israël. »

Lundi, à Jérusalem, il a rencontré les participants, qui représentaient tous les courants du judaïsme, et provenaient de France, de Belgique, d’Ukraine et d’Australie. Ils ont embarqué à bord de 4 bus touristiques en direction de la Cisjordanie.

Un philanthrope de Miami dont l’identité n’a pas été révélée a financé le voyage, et la société de tourisme Jewish Journey et le Conseil de Yesha (association représentant les habitants juifs de Cisjordanie) ont bénévolement contribué à la réalisation de ce voyage.

Après un arrêt dans les vignes de Psagot en Cisjordanie, où ils ont rencontré Danny Dayan, consul général d’Israël à New York et un dirigeant des implantions qui vit dans la région, les participants se sont dirigés vers l’implantation d’Efrat, où vivent de nombreux Américains. Une chorale de garçons les a accueilli au son de chants de Hanoukka. Shlomo Riskin, grand rabbin et co-fondateur de l’implantation, et Oded Revivi, représentant étranger en chef du Conseil de Yesha se sont entretenus avec eux.

L’escale suivant les a emmené dans l’avant-poste d’Oz Vegaon, fondé en 2014 en réaction au kidnapping de trois adolescents israéliens par une cellule terroriste du Hamas. L’avant-poste repose sur l’endroit où les corps des garçons ont été trouvés. Cet avant-poste fait partie de la centaine d’implantations construites sans l’autorisation du gouvernement et transgresse la législation israélienne. Environ 400 000 personnes résident dans les implantations.

Le voyage s’est terminé au mur Occidental, où le rabbin Schmuel Rabinovitch, qui gère le lieu saint et qui s’est opposé à la création d’un espace de prière mixte, a accueilli les participants.

Shapse Jacob, 36 ans, un avocat et homme d’affaires de New York, affilié au courant moderne orthodoxe, s’est envolé pour Israël à l’occasion de ce voyage, bien qu’il comptait de toute façon s’y rendre pour le mariage de sa sœur. Jacob a déclaré qu’il a été motivé par « le coup de couteau dans le dos » de la part de Kerry et du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Jacob a toujours été un fervent partisan de l’État juif. Mais il a affirmé que ce voyage a changé sa façon de penser. Jusqu’à maintenant, il percevait les résidents des implantions comme des gens « un peu farfelus » et était disposé à écouter des propositions alternatives à propos d’Israël. Mais rencontrer les résidents juifs de Cisjordanie l’a fait réaliser qu’ils étaient « des gens normaux qui vivent la même chose que les autres ». Jacob déclare en avoir fini de tenter de raisonner ceux qui critiquent Israël.

« Cela m’a appris qu’on ne doit pas se soucier de ce que pensent les autres », dit-il. « Il est temps d’arrêter de convaincre le monde, et de faire ce que nous avons à faire. »

La semaine dernière, Kerry a donné un discours dans lequel il a exposé ses principes pour la résolution du conflit israélo-palestinien et a réprimandé Israël au sujet de sa « politique pernicieuse de construction d’implantations ».

Il a affirmé que le mouvement des implantations tentait de saboter la solution à 2 États, ce qui refuse aux Palestiniens « la liberté et la dignité » et menace le caractère juif et démocratique d’Israël.

Il a également défendu la position controversée des États-Unis la semaine précédente, alors que le gouvernement a refusé d’exercer son droit de veto sur la résolution anti-implantations en Cisjordanie et à Jérusalem Est votée au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres membres du gouvernement israélien ont critiqué le discours de Kerry et la résolution 2334 dans des termes inhabituellement acerbes. Bien que les sondages indiquent que la plupart des juifs américains soient en faveur de la solution à 2 États, les principales organisations juives américaines et les représentants américains des deux partis se sont associés aux critiques contre Kerry. Trump a déclaré qu’Israël était traité « très très injustement ».

Des groupes juifs pacifiques et certains démocrates se sont élevés pour défendre l’administration Obama.

« Soyons honnêtes, Kerry avait l’air d’un idiot quand il parlait », analyse Waks. « Nous avons vu le tollé qui a suivi chez les politiciens américains démocrates et républicains confondus. »

Ce voyage était destiné à montrer du soutien et à renforcer les Israéliens, mais il avoue qu’avoir rencontré des gens « géniaux » qui vivent dans les implantations a renforcé la foi en l’État juif des participants. Israël, a déclaré à plusieurs reprises Waks, doit être fort, « étant donné le massacre des juifs à chaque génération ».

« C’est un pays que l’Amérique devrait soutenir, et c’est exactement ce que nous voulons », dit-il. « Je pense que nous avons créé des centaines de nouveaux ambassadeurs d’Israël aujourd’hui. »