Les principaux États arabes ont exprimé leur soutien à la vision du Secrétaire d’État américain John Kerry pour la résolution du conflit israélo-palestinien, basée sur la solution à États, dont il a fait l’exposé durant un discours à Washington mercredi.

L’Arabie saoudite a diffusé un communiqué jeudi via l’agence de presse officielle, indiquant qu’il « accueillait la proposition » faite par Kerry et qu’elle était cohérente « avec la majorité des résolutions du droit internationale et avec la plupart des éléments de l’Initiative de paix arabe », adoptée par la Ligue arabe en 2002.

La proposition de Kerry représente un « fondement adéquat pour pouvoir enfin obtenir un apaisement du conflit israélo-palestinien », a relayé l’Agence de presse saoudienne, citant une source non identifiée au ministère saoudien des Affaires étrangères.

Le Qatar s’est associé aux propos de l’Arabie saoudite, et a indiqué dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères que les paramètres « s’inscrivent dans la veine de la plupart des résolutions du droit international et de l’Initiative de paix arabe, ce qu’il souligne l’engagement du Qatar pour redynamiser le processus de paix au Moyen Orient ».

Le ministère des Affaires étrangères égyptien a également soutenu cette initiative. Son porte-parole a déclaré que « les principes posés par le Secrétaire John Kerry sont en accord avec le consensus international et avec la vision égyptienne », et a averti « qu’au final, ce qui est important, c’est la mise en application de ces principes ».

Le porte-parole du ministère Ahmed Abu Zeid a affirmé que les paramètres seraient « étudiés et évalués », et a révélé que Kerry s’était entretenu au cours des derniers mois avec son homologue Sameh Choukry au sujet de « certains aspects de sa vision » durant des pourparlers avec des parties internationales et régionales impliquées dans le processus de paix, selon Ahram Online.

Dans un discours de 70 minutes mercredi, Kerry a décrit les implantations comme un obstacle central à l’obtention d’un accord entre les deux parties et a déclaré que les actions israéliennes en Cisjordanie « mettent en péril » la solution à 2 États, qui est la seule voie vers la paix.

Kerry a affirmé que la construction dans les implantations de Cisjordanie était « positionnée stratégiquement à des emplacements qui rendent impossible la solution à deux états », et a déclaré que « le statu quo mène vers un état, ou l’occupation perpétuelle. »

L’extension des implantations, a-t-il déclaré « n’a rien à voir avec la sécurité d’Israël. »

« Si le choix est un état, Israël peut être juif, ou démocratique, mais pas les deux, et il ne sera jamais vraiment en paix », a-t-il prévenu.

L’acceptation de la proposition de Kerry par les pays arabes semblent être un acquiescement tacite à l’égard de l’exigence du gouvernement israélien, à savoir, que les Palestiniens reconnaissent Israël comme un État juif.

Citant le plan de partition des Nations Unies de 1947, Kerry a appuyé la demande faite par Netanyahu que les Palestiniens reconnaissent le principe de deux états pour deux peuples – « l’un Juif et l’autre Arabe, se reconnaissant mutuellement et jouissant de la pleine égalité des droits pour leurs citoyens respectifs ».

Le Secrétaire d'Etat John Kerry expose sa vision de la paix entre Israéliens et Palestiniens le 28 décembre 2016 à l'Auditorium Dean Acheson du Département d'Etat de Washington, DC (Crédit : AFP PHOTO / PAUL J. RICHARDS)

Le Secrétaire d’Etat John Kerry expose sa vision de la paix entre Israéliens et Palestiniens le 28 décembre 2016 à l’Auditorium Dean Acheson du Département d’Etat de Washington, DC (Crédit : AFP PHOTO / PAUL J. RICHARDS)

« La reconnaissance d’Israël comme un État juif a été la position des États-Unis depuis des années, et en me basant sur des conversations que j’ai pu avoir au cours des derniers mois, je suis absolument convaincu que d’autres sont également prêts à l’accepter, si tant est que le besoin d’un État pour le peuple palestinien soit pris en compte », a déclaré Kerry dans son discours.

Ce discours a fait suite à une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU condamnant les implantations israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem Est, qui a été votée par 14 pays, et les États-Unis se sont abstenus, ce qui a permis à la résolution de passer, et qui a suscité la colère d’Israël.

Le projet de résolution avait été présenté par l’Égypte jeudi, puis reporté suite à la pression exercée par Israël et par l’administration entrante de Trump, qui est intervenue en sa faveur. Ces efforts ont été vains quand vendredi, la Malaisie, le Sénégal, le Venezuela et la Nouvelle-Zélande – actuels membres du Conseil de Sécurité – ont fait pression pour que la résolution soit soumise au vote.

Israël a accusé les États-Unis d’être de connivence avec les Palestiniens pour faire progresser cette résolution, accusant ainsi Washington d’avoir abandonné et piégé son allié au Moyen-Orient. Les États-Unis ont rejeté cette accusation, notamment dans le discours de Kerry.

Un journal égyptien publié mardi a révélé ce qui semble être des transcriptions de rencontres entre des responsables palestiniens et américains, y compris que Kerry. Si ces éléments se révèlent authentiques, ils corroboreraient les accusations israéliennes.

La Maison Blanche a démenti mercredi toute coordination avec les Palestiniens sur la formulation d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant les implantations israéliennes, et a déclaré que les transcriptions des conversations entre les responsables américains et palestiniens récemment publiées par un journal égyptien étaient « une fabrication totale », mais les médias égyptiens concordent avec les accusations israéliennes, qui prétendent avoir reçu des informations « ultra-fiables » de source arabes, selon lesquelles Washington aurait activement contribué à la résolution de l’ONU la semaine dernière.

Raphael Ahren a contribué à cet article.