Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a proposé mardi lors d’une réunion des chefs du JFNA, les leaders des communautés juives d’Amérique du nord, qu’Israël fournisse, par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, une aide médicale aux victimes du séisme qui a fait plus de 400 morts en Irak et surtout en Iran, pays considéré ennemi par l’Etat hébreu, une proposition qui a été immédiatement rejetée en raison du refus de tout contact des autorités iraniennes avec Israël, selon les médias israéliens.

Israël et l’Iran se considèrent mutuellement contre des pays ennemis.

Les dirigeants israéliens n’ont cessé de dénoncer les plans selon eux hégémoniques de Téhéran notamment en Syrie et au Liban, pays frontaliers d’Israël, ainsi que les ambitions nucléaires iraniennes.

La région a été touchée par un séisme d’une magnitude de 7,3 sur l’échelle de Richter qui a fait au moins 530 morts en Iran et quelques victimes en Irak, ainsi que des milliers de blessés.

« Après avoir vu les images déchirantes d’hommes, de femmes et d’enfants ensevelis sous les décombres, j’ai donné ordre de proposer à la Croix-Rouge une assistance médicale pour les victimes irakiennes et iraniennes », a affirmé mardi soir Netanyahu lors de l’Assemblée générale annuelle de l’organisation par vidéoconférence à Los Angeles.

« J’ai affirmé à de nombreuses reprises que nous n’avons pas de conflit avec le peuple iranien. Notre conflit concerne uniquement le régime tyrannique qui les a pris [les Iraniens] en otages et menace notre destruction. Mais notre sens de l’humanité est plus fort que leur haine. Israël continue d’être une lumière parmi les nations et je suis fier de cela. Et chacun de vous peut être fier de la morale d’Israël, de la force d’Israël.

Un responsable du bureau de Netanyahu a toutefois fait savoir que la proposition avait été immédiatement rejetée.

« Cela montre le vrai visage du régime iranien », a-t-il commenté.

Lundi, plusieurs responsables israéliens avaient indiqué ne pas avoir connaissance d’une aide éventuelle offerte aux deux pays touchés par la catastrophe.

« Le commandement intérieur n’a pas organisé de délégation [pour l’Iran et pour l’Irak], avait indiqué un porte-parole de l’armée.

En 2003, Téhéran avait rejeté une offre d’assistance israélienne après un tremblement de terre survenu dans la ville de Bam, au sud-est de l’Iran, qui avait tué plus de 26 000 personnes. Neuf ans plus tard, lorsque deux séismes ont frappé à la province de l’est de l’Azerbaïdjan, faisant plus de 300 morts et 3000 blessés, Israël n’avait pas proposé son aide, évoquant le rejet qu’il avait essuyé quelques années plus tôt.

« Nous avons offert à l’Iran de l’aide après des tremblements de terre dans le passé mais elle a été refusée. Par conséquent, cette fois, nous n’avons même pas pris la peine de demander si l’Iran est intéressée », avait déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères au Times of Israël à l’époque. « Le refus avait été très impoli, mais nous n’y avons pas accorder trop d’attention ».

L’annonce d’une proposition d’aide humanitaire par Netanyahu a été très rapidement saluée par Yair Lapid, chef du parti d’opposition Yesh Atid.

« Netanyahu a bien fait d’offrir une assistance à ceux qui ont été frappés par le séisme en Iran et en Irak. Les Juifs sont parmi les leaders en termes de moralité et de compassion humaines », a-t-il écrit sur Twitter.

Lors de cette session de fermeture de la conférence, Netanyahu a également évoqué le sujet de sa décision controversée de gel d’un accord visant à moderniser une plateforme pluraliste de prière au mur Occidental.

« Israël est le foyer de tous les Juifs et cela doit rester ainsi », a-t-il dit, insistant sur le fait que cette conviction était « importante [pour lui] et vitale » dans la mesure où cette question le préoccupe et qu’il est déterminé à faire en sorte que les Juifs de toutes dénominations se sentent les bienvenus dans le pays.

Lundi, le conseil d’administration des fédérations juives d’Amérique du nord avait appelé Israël à renoncer à ses démarches « clivantes et nuisibles » visant à geler un accord passé sur la prière égalitaire au mur Occidental et sur le soutien apporté par l’Etat juif à un projet de loi qui offrirait le monopole aux autorités orthodoxes concernant les conversions au judaïsme.

Au mois de janvier 2016, le gouvernement israélien avait accepté de faire des changements significatifs dans la plateforme existante avec notamment la création d’une entrée commune pour les trois zones de prière – les sections pour les hommes et pour les femmes orthodoxes et ce qu’on appelle la place « Ezrat Yisrael », où hommes et femmes prient ensemble.

La plateforme de prière égalitaire du mur Occidental construite sur les pierres tombées du deuxième Temple pendant sa destruction dans la rue en contrebas, où elles ont été découvertes 2 000 ans plus tard par les archéologues. Photographie non datée. (Crédit : autorisation d’Eilat Mazar)

Au mois de juin, après que certains sites internet ultra-orthodoxes ont commencé à critiquer l’accord, le cabinet a voté certaines suspensions – notamment la construction d’une entrée commune, considérée comme une forme de reconnaissance des courants non-orthodoxes du judaïsme, et la disposition mentionnant une supervision partagée du pavillon pluraliste de prière, avec des représentants des courants non-orthodoxes du judaïsme.

« Ce que le gouvernement a gelé au mois de juin, ce sont les éléments qui étaient les plus chargés au niveau idéologique dans le plan du mur Occidental. Ils tenaient les éléments pratiques du plan en otage », a expliqué Netanyahu.

La plateforme de prière égalitaire au mur Occidental (Autorisation)

Cela fait presque 20 ans que la plateforme de prière pluraliste existe et l’accord de janvier 2016 promettait seulement son « amélioration ». « Nous avançons dans les constructions dans ce sens », a-t-il dit.

L’équilibre entre la religion et l’état est source de tensions depuis la fondation d’Israël, a continué le ministre, ajoutant qu’il prenait exemple sur ses prédécesseurs concernant ce sujet.

« Les problèmes de statu-quo religieux ont toujours été résolus en résultat de l’évolution et non de la révolution. Malgré les désaccords, malgré, je dois le dire, beaucoup de distorsions, et malgré les propos parfois désobligeants à mon égard et à celui de mon gouvernement, je reste déterminé à aller de l’avant ».

Il a ajouté : « Je crois que les Juifs sont une seule et grande famille. Je crois qu’Israël est le foyer de tous les Juifs et que tous les Juifs doivent pouvoir accéder et prier au Kotel ».

L’AFP a contribué à cet article.