Après les 14 000 licenciements, le PDG de Teva s’excuse dans une lettre à Netanyahu
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Après les 14 000 licenciements, le PDG de Teva s’excuse dans une lettre à Netanyahu

Kare Schultz a assuré au Premier ministre qu'il s'engageait à conserver le siège mondial de la firme pharmaceutique en Israël

Kåre Schultz, nouveau directeur et président de Teva (photo publiée avec son autorisation)
Kåre Schultz, nouveau directeur et président de Teva (photo publiée avec son autorisation)

Dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu, Kare Schultz, le nouveau PDG de Teva Pharmaceutical Industries Ltd., s’est excusé jeudi au nom de la direction précédente du fabricant de médicaments pour la situation à laquelle la société était confrontée aujourd’hui.

Ce jeudi, la compagnie a annoncé qu’elle allait réduire le quart de ses effectifs mondiaux – soit se séparer d’environ 14 000 personnes – sur une période de deux ans.

Le fabricant de médicaments, actuellement en grande difficulté, est en dette et a souffert de la baisse des prix dans le secteur des médicaments génériques. Le groupe a aussi été fragilisé par une concurrence plus rapide que prévue face à son médicament phare, le Copaxone, qui lutte contre la sclérose en plaques.

« Nous, le conseil d’administration et la direction de l’entreprise, voulons vous assurer qu’après un examen attentif des alternatives disponibles, nous n’avons pas d’autre choix. Nous devons sauver Teva et nous le ferons », a écrit Schultz.

« Je suis déterminé à maintenir le siège mondial de Teva en Israël, y compris mon bureau. Je fais cela dans le cadre de mon engagement envers Israël et avec une grande confiance dans le potentiel de notre succès à long-terme. »

Environ 1 700 emplois seront supprimés dans les équipes israéliennes de Teva d’ici la fin 2019, a indiqué la compagnie. Teva est l’un des plus gros employeurs d’Israël.

Au cours de ses 30 années de carrière dans l’industrie pharmaceutique, M. Schultz a « appris à admirer » Teva en tant que société leader et unique dans l’industrie « en raison de son engagement sans compromis à développer et livrer des médicaments de qualité à des centaines de millions de patients chaque jour, » a écrit Schultz.

« Teva est parvenu à sa position de leader mondial grâce à l’esprit israélien qui caractérise l’entreprise depuis plus de 116 ans. Le plan annoncé aujourd’hui par la société vise avant tout à réaliser notre aspiration commune : préserver Teva en tant qu’entreprise mondiale forte et basée en Israël. »

Schultz a conclu sa lettre en remerciant le gouvernement israélien pour le « soutien significatif » que Teva a reçu au fil des années.

Le quotidien économique Calcalist a rapporté plus tôt ce jeudi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’était entretenu par téléphone avec Schultz et qu’il lui avait demandé de limiter autant que possible les dommages sur les travailleurs israéliens et de veiller à ce que l’identité israélienne de Teva soit préservée.

Le nouveau plan de restructuration de Teva a déjà rencontré une forte opposition de la part des politiciens israéliens et le puissant syndicat Histadrout a appelé à une grève générale dans tout le pays ce dimanche matin en prévision des licenciements, alors que les détails du plan avaient été communiqués à la presse la semaine dernière.

La société a reçu 22 milliards de shekels (environ 5,3 milliards d’euros) d’apports depuis 2006, a annoncé mercredi Avi Nissenkorn, président du syndicat.

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