Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a critiqué samedi les frappes aériennes israéliennes en Syrie de vendredi dernier. Il a affirmé que l’Etat juif utilisait « toutes sortes d’excuses » pour justifier ses opérations militaires.

Le dirigeant chiite libanais faisait référence aux frappes aériennes qui visaient, selon Jérusalem, un convoi d’armes destiné au Hezbollah. Les forces militaires syriennes ont tiré des missiles vers les avions israéliens qui menaient les frappes. L’un de ces missiles aurait été intercepté par le système de défense anti-aérien Arrow 3.

Nasrallah a déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu « est allé épouser [le président russe Vladimir] Poutine » pendant son récent voyage à Moscou, de crainte que l’Etat islamique (EI) ne soit vaincu.

Netanyahu et Poutine se sont rencontrés à Moscou le 9 mars, et ont discuté de la situation en Syrie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le président russe Vladimir Poutine lors de leur rencontre à Moscou, le 9 mars 2017. (Crédit : Pavel Golovkin/Pool/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le président russe Vladimir Poutine lors de leur rencontre à Moscou, le 9 mars 2017. (Crédit : Pavel Golovkin/Pool/AFP)

« Si l’Etat islamique perd, que ferez-vous avec l’Iran en Syrie ? », a demandé le chef de la milice terroriste chiite.

Il a appelé les groupes rebelles syriens à cesser de se battre contre le président syrien Bashar el-Assad parce que « cela sert Israël et les Etats-Unis ».

Netanyahu a déclaré vendredi qu’Israël continuerait à cibler les convois d’armes.

« Notre politique est très cohérente », a-t-il déclaré dans une vidéo en hébreu. « Quand nous identifions des tentatives de transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah, quand nous avons les renseignements et les capacités militaires, nous agissons pour l’empêcher. C’est ainsi que nous avons agi, et c’est ainsi que nous continuerons à agir […] et tout le monde doit prendre cela en compte. Tout le monde. »

Eyal Ben-Reuven, député de l'Union sioniste, à la Knesset, le 29 mars 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Eyal Ben-Reuven, député de l’Union sioniste, à la Knesset, le 29 mars 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

D’autre part, en Israël, deux députés ont répondu à la convocation par Moscou de l’ambassadeur d’Israël en Russie après les frappes en Syrie. Eyal Ben-Reuven, ancien général et député de l’Union sioniste, a déclaré que la réaction russe était un changement majeur de la politique syrienne de Moscou, a indiqué la radio militaire.

« Les Russes ont précisé dans le passé qu’ils laisseraient Israël traiter le problème du Hezbollah, mais convoquer l’ambassadeur à Moscou pour une réprimande au ministère des Affaires étrangères exprime un changement de la position russe », a déclaré Ben-Reuven.

La Russie a convoqué Gary Koren, l’ambassadeur israélien à Moscou, pour demander des clarifications moins de 24 heures après les frappes israéliennes en Syrie.

Moscou est lourdement impliqué en Syrie, et soutient fermement le régime d’Assad, allié avec le Hezbollah.

Omer Bar-Lev, député de l’Union sioniste, a déclaré que la coopération israélo-russe était importante, « mais au moment où leurs intérêts diffèreront, il n’y aura plus de coopération. »

« Aujourd’hui, leurs intérêts sont avec Assad et l’Iran », a-t-il ajouté.

Antonio Guterres, alors Haut Commissaire aux réfugiés des Nations unies pendant une conférence de presse à Genève, le 3 août 2012. (Crédit : U.S. Mission Photo by Eric Bridiers — Flickr/Domaine public/Wikimedia Commons)

Antonio Guterres, alors Haut Commissaire aux réfugiés des Nations unies pendant une conférence de presse à Genève, le 3 août 2012. (Crédit : U.S. Mission Photo by Eric Bridiers — Flickr/Domaine public/Wikimedia Commons)

Le ministère syrien des Affaires étrangères avait envoyé deux lettres, au secrétaire général des Nations unies et au président du Conseil de sécurité des Nations unies, affirmant que les frappes étaient une violation du droit international, des résolutions des Nations unies et de la souveraineté syrienne.

La Syrie a demandé aux Nations unies de « condamner l’agression israélienne flagrante qui est considérée comme une violation du droit international. »

L’armée israélienne avait indiqué que son aviation avait frappé plusieurs cibles en Syrie et était revenue dans l’espace aérien israélien quand plusieurs missiles antiaériens ont été lancés depuis la Syrie vers les avions de chasse. Un missile avait été abattu par le système Arrow, et les deux autres sont tombés en Israël sont faire ni blessé, ni dégât.

L’armée d’Assad a affirmé dans un communiqué que les frappes israéliennes avaient été menées pour soutenir « le gang terroriste [de l’Etat islamique] et dans une tentative désespérée d’élever leur moral qui se dégrade et de détourner l’attention des victoires que l’armée arabe syrienne remporte face aux organisations terroristes. »

Elle avait également affirmé avoir abattu un avion israélien et en avoir touché un second, ce qui a été démenti par Israël.

Les tirs de missiles syriens contre des avions israéliens sont extrêmement rares, bien que les responsables militaires israéliens aient signalé un tir de missile portatif il y a quelques mois.

La Jordanie, qui a des frontières avec Israël et la Syrie, a annoncé que des morceaux des missiles étaient tombés dans une zone agricole du nord du pays, notamment dans le district d’Irbid. L’armée jordanienne a déclaré que les débris provenaient de l’interception israélienne des missiles tirés parla Syrie. Radwan Otoum, le gouverneur d’Irbid, a déclaré à l’agence de presse publique Petra que les morceaux de missiles n’avaient causé que des dégâts mineurs.

Israël est resté à l’écart de la guerre civile syrienne qui fait rage chez son voisin, ne souffrant que d’incidents sporadiques de tirs perdus, généralement considérés comme des erreurs des forces d’Assad. Israël a répondu à ces tirs avec des représailles limitées contre des positions syriennes.

Le ciel syrien est à présent très encombré, avec les aviations russes et syriennes soutenant les forces d’Assad et la coalition menée par les Etats-Unis qui vise des cibles de l’Etat islamique et d’Al-Qaïda.

Israël aurait mené des frappes aériennes contre des systèmes d’arme sophistiqués en Syrie, notamment contre des missiles anti-aériens de fabrication russe et des missiles de fabrication iranienne, ainsi que contre des positions du Hezbollah. L’Etat juif ne confirme que rarement ces opérations.

Des agences ont contribué à cet article.