Le mouvement terroriste du Hamas, qui a tenté de trouver de nouveaux pays d’accueil pour ses hauts-responsables pressés de quitter le Qatar, a demandé aux autorités algériennes la permission d’ouvrir un bureau dans le pays, a fait savoir le quotidien arabe Asharq Al-Awsat lundi.

Des sources palestiniennes ont annoncé que le Hamas avait déposé une requête officielle il y a plusieurs mois concernant l’ouverture d’un bureau dans la capitale du pays africain, Alger, mais qu’il attendait encore une réponse.

Le porte-parole du Hamas Sami Abu Zuhri se trouve actuellement en Algérie et a confirmé que son mouvement a bien demandé l’établissement d’un bureau là-bas. Zuhri prévoit d’instaurer une présence à Alger puis de faire venir plus tard d’autres responsables du Hamas, selon les sources.

Cette demande aurait été apparemment soumise avant la récente crise survenue entre les états sunnites modérés du Golfe persique et le Qatar, au mois de juin.

L’Arabie saoudite et ses alliés ont rompu les liens qu’ils entretenaient avec le Qatar, l’un des quelques pays étrangers qui soutiennent le Hamas, après avoir accusé cet état, riche en gaz, d’appuyer l’extrémisme dans la région.

Quelques jours avant que le conflit n’éclate, le Qatar avait demandé à plusieurs hauts-responsables du Hamas de quitter le pays pour le Liban, la Turquie et la Malaisie. Des responsables qataris auraient indiqué au Hamas à ce moment-là subir des pressions visant l’expulsion de ses membres.

« A un niveau personnel, j’ai demandé à rester en Algérie. Les autorités algériennes ont promis d’étudier ma demande et de la prendre en considération », aurait dit récemment Zurhi, des propos rapportés par Asharq Al-Awsat.

Des sources palestiniennes ont fait savoir que les dirigeants du Hamas sont dorénavant dispersés entre la bande de Gaza, le Liban et la Malaisie. Peu parmi eux se trouvent encore au Qatar.

Selon des informations, le groupe aurait adopté cette stratégie de dispersion de ses hauts-responsables pour éviter les pressions exercées sur un seul pays en raison de sa présence. Le mouvement veut, en revanche, que sa base politique ne soit nulle part ailleurs qu’à Gaza, qu’il contrôle.

Le chef du Hamas Ismail Haniyeh, nommé au mois de mai, réside à Gaza, ce qui fait de l’enclave palestinienne le point central de l’organisation.

Le groupe terroriste s’est saisi de Gaza lors d’un coup d’état violent contre les forces loyales au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en 2007. Les deux factions sont depuis à couteaux tirés.