Des centaines d’Arabes israéliens ont manifesté lundi à Jérusalem pour réclamer le départ du ministre de la Sécurité intérieure après la mort d’un Bédouin tué la semaine dernière lors d’une opération de destructions de maisons par la police.

Yaqoub Moussa Abu al-Qian a été tué mercredi dans des circonstances controversées. La police était déployée dans le village bédouin non reconnu d’Umm al-Hiran, dans le sud d’Israël, pour y démolir des maisons construites illégalement.

Selon la police israélienne, il a foncé en voiture sur des policiers, tuant l’un d’eux, Erez Levi, 34 ans. Des policiers ont riposté et l’ont abattu.

Mais des habitants du village ont affirmé que cet homme roulait doucement au volant de son véhicule quand des policiers ont tiré sur lui.

Depuis sa mort, les localités arabes d’Israël ont organisé des grèves et des manifestations.

Les dirigeants arabes israéliens pendant la manifestation contre les démolitions de maisons, devant la Knesset, à Jérusalem, le 23 janvier 2017. (Crédit : autorisation)

Les dirigeants arabes israéliens pendant la manifestation contre les démolitions de maisons, devant la Knesset, à Jérusalem, le 23 janvier 2017. (Crédit : autorisation)

Lundi, quelque 300 Arabes israéliens venus en convois du nord et du sud du pays ont convergé vers la Knesset à Jérusalem.

Sous le regard de policiers déployés à plusieurs centaines de mètres d’eux, ils ont scandé : « Erdan démissionne, on ne te supporte plus », en référence à Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, qui est responsable de la police.

« C’est une victime, un martyr, il était instituteur, pas un membre du groupe Etat islamique ni un terroriste », comme l’a affirmé la police dans un communiqué, a déclaré le député arabe israélien Ahmad Tibi en s’adressant aux manifestants.

« Nous voulons savoir qui a donné l’ordre [de tirer], qui a apporté des balles réelles à Umm al-Hiran », s’est interrogé le député avant que la manifestation se disperse dans le calme.

La Cour suprême, saisie par la famille d’Abu al-Qian, a décidé lundi que le corps de cet homme lui soit restitué et l’a autorisée à organiser ses funérailles mardi pendant deux heures, sans restriction sur le nombre de participants.

Le procureur général avait demandé que des conditions soient posées pour la restitution du corps de cet homme, réclamant notamment que la police décide de l’heure de l’enterrement et du nombre des participants et que les discours politiques comme l’utilisation de haut-parleurs y soient interdits.