Suite aux violences mortelles de mercredi dans le village bédouin d’Umm al-Hiran, deux députés arabes ont proposé un gel de dix ans des démolitions des constructions illégales dans les communautés arabes.

« Ce n’est pas par hasard qu’il y a des dizaines de milliers de maisons menacées par un ordre de démolition » dans les communes arabes, a déclaré le député de la Liste arabe unie Ahmad Tibi à la radio militaire jeudi matin.

« Ce n’est pas dans leurs gènes. Il n’y a pas de plan de développement, pas de plan d’aménagement, pas d’extension », a-t-il affirmé.

Erez Levi, policier de 34 ans, a été tué mercredi matin quand Yakoub Mousa Abu al-Qian, un habitant d’Umm al-Hiran, a dirigé son véhicule vers un groupe de policiers exécutant un ordre de démolition contre des maisons du village non reconnu du Néguev.

Abu al-Qian a été abattu par la police.

Les forces de police déployées dans le village bédouin non reconnu d'Umm al-Hiran, le 18 janvier 2017. (Crédit : porte-parole de la Liste arabe unie)

Les forces de police déployées dans le village bédouin non reconnu d’Umm al-Hiran, le 18 janvier 2017. (Crédit : porte-parole de la Liste arabe unie)

La police a accusé Abu al-Qian d’avoir des sympathies pour l’idéologie jihadiste, et a déclaré que l’attaque était du « terrorisme » et un « meurtre ». Les habitants et les militants opposés à la démolition ont rejeté l’accusation, et affirmé qu’Abu al-Qian avait essuyé des tirs de la police avant que son véhicule n’accélère, quand il n’en avait plus le contrôle.

Une vidéo de la scène semble pouvoir corroborer les deux versions.

La nouvelle proposition de loi, présentée par les députés de la Liste arabe unie Tibi et Osama Saadi, gèlerait toutes les démolitions de constructions illégales de structures bâties sur le terrain du constructeur pendant dix ans, « pendant lesquels nous développerons une solution nationale exhaustive » pour l’aménagement et le développement.

Les Arabes israéliens sont obligés de construire illégalement, a souligné Tibi, parce que les institutions d’aménagement israéliennes n’ont pas alloué aux communautés arabes suffisamment d’espace pour répondre à leur accroissement naturel.

« Vous ne pouvez pas jeter les arabes à la mer et vous plaindre qu’ils sont mouillés », a affirmé Tibi.

La proposition de loi sera étudiée dimanche par la commission des lois, où les ministres décideront s’ils veulent ou non lui accorder le soutien du gouvernement.