Le ministère saoudien de l’Intérieur a annoncé mardi le démantèlement d’une « organisation terroriste », liée à Al-Qaïda, qui planifiait des attentats contre des établissements publics et des intérêts étrangers dans le royaume, un riche pays pétrolier du Golfe.

Dans un communiqué publié par la télévision d’Etat, le ministère a précisé avoir arrêté 62 membres de cette organisation, dont trois résidents étrangers : un Palestinien, un Yéménite et un Pakistanais.

Les 59 autres personnes arrêtées sont des Saoudiens , dont 35 avaient été libérés auparavant après avoir été incarcérés pour leur implication dans des affaires de sécurité, a ajouté le ministère, soulignant que les détenus étaient « liés à des extrémistes en Syrie et au Yémen », deux pays confrontés à un essor des radicaux islamistes.

Le porte-parole du ministère, le général Mansour al-Turki, a expliqué lors d’une conférence de presse que les membres du groupe étaient liés à Al-Qaïda, qui s’est replié au Yémen voisin après avoir été affaibli en Arabie saoudite sous la pression des autorités.

« Ils ont commencé à mettre en place les structures de leur organisation (…) et élu leur émir », a-t-il ajouté.

En 2009, les branches saoudienne et yéménite du réseau ont fusionné pour former Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).

« Nous savons qu’en s’installant au Yémen, Al-Qaïda voulait rester à proximité de l’Arabie saoudite », a dit le général Turki, ajoutant que les membres du groupe démantelé avaient aussi « des contacts avec l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) », connu pour ses exactions en Syrie, un pays en guerre civile.

En outre, les autorités saoudiennes ont saisi Interpol d’une liste de 44 personnes recherchées pour leur implication présumée dans les activités de l’organisation démantelée, a expliqué le porte-parole du ministère.

Le démantèlement de la nouvelle organisation, qui semblait vouloir reconstituer la branche locale d’Al-Qaïda, a été facilité par « ses activités sur les réseaux sociaux », a encore dit le général Turki, faisant état de la saisie de 900.000 riyals saoudiens (quelque 240 000 dollars), fruit d’une collecte de fonds notamment sur l’internet.

L’organisation s’adonnait aussi à un trafic d’armes par les frontières avec le Yémen comme il assurait l’infiltration de ses partisans, dont des femmes, certaines ayant été arrêtées, selon lui.

L’Arabie saoudite a connu de 2003 à 2006 une vague d’attentats attribués à Al-Qaïda qui a fait des dizaines de morts.

Au prix d’une lutte implacable, le royaume avait pu porter des coups sévères au réseau extrémiste et des milliers de suspects avaient été arrêtés.

Les tribunaux spécialisés dans les affaires de terrorisme ont commencé en 2011 à juger des dizaines de Saoudiens et d’étrangers accusés d’appartenance à Al-Qaïda ou d’être impliqués dans les attentats entre 2003 et 2006.