Quatre Israéliens ont été arrêtés samedi soir à Arad, dans le sud du pays, après de violents affrontements entre les habitants laïcs et ultra-orthodoxes de la ville.

Les tensions qui couvent depuis longtemps entre les habitants qui s’opposent à l’afflux d’ultra-orthodoxes dans la ville et la communauté haredi locale ont abouti à des émeutes, pendant lesquelles les deux parties se sont craché l’une sur l’autre, ont affronté la police, et certains manifestants ultra-orthodoxes ont brûlé des pneus devant les domiciles d’habitants laïcs.

Quatre manifestants ont été arrêtés après cet incident, selon la police. Deux des suspects sont ultra-orthodoxes, et deux autres laïcs, selon la Dixième chaîne.

Les affrontements ont éclaté après la découverte d’une affiche représentant le dirigeant du mouvement hassidique Gur, disant qu’Arad n’était « pas à vendre » et accusant les ultra-orthodoxes de « salir » la ville a été placardée.

Samedi soir, des centaines d’habitants laïcs se sont rassemblés pour manifester, scandant « Arad restera toujours une ville laïque, Arad est à nous et nous ne la céderons pas », selon le site d’information Ynet. Non loin, des ultra-orthodoxes se rassemblaient devant la maison du militant qui avait placardé l’affiche, incendiant des pneus en les faisant rouler vers la maison, selon les médias.

Yair Lapid, le président de Yesh Atid, a déclaré sur Twitter qu’il soutenait le maire d’Arad, Nissan Ben-Hamo, membre de son parti, et les habitants de la ville. « Le harcèlement ne gagnera pas. La police doit traiter les violences des ultra-orthodoxes extrémistes en ayant la main lourde », a-t-il écrit.

D’autre part, Yaakov Litzman, le ministre ultra-orthodoxe de la Santé du parti Yahadout HaTorah, était sur place et a rencontré la police.

La ville est touchée par des tensions religieuses depuis des années, et beaucoup de ses habitants s’opposent à la présence ultra-orthodoxe croissante dans la ville.

En février 2016, un homme d’Arad d’une soixantaine d’années avait été arrêté pour avoir placé à plusieurs reprises un pied de porc à l’entrée d’une synagogue ultra-orthodoxe. Il avait dit aux enquêteurs avoir été en colère que la synagogue se soit installée sur le site d’un refuge public proche de sa maison.

En décembre 2015, une femme d’Arad de 70 ans avait poursuivi un homme ultra-orthodoxe dans la rue avec un couteau en criant « va travailler ! ». L’homme n’avait pas été blessé et la femme avait été arrêtée.

En août 2015, le maire, Ben-Hamo, avait ordonné à la police de patrouiller aux entrées de la ville, afin d’empêcher des centaines de migrants africains récemment libérés du centre de détention de Holot de s’y installer. Ben Hamo avait dit à l’époque au ministre de l’Intérieur qu’il « n’autoriserait pas les infiltrés à arriver à Arad. »