Le dirigeant palestinien Yasser Arafat a permis au Hamas de perpétrer des attaques terroristes contre Israël à la suite de l’échec de négociations de paix de Camp David en juillet 2000 et a transféré des armes au groupe terroriste islamiste à travers une organisation auparavant inconnue à Gaza, a déclaré un haut responsable du Hamas.

Mahmoud al-Zahar, l’un des sept fondateurs du Hamas et son ancien ministre des Affaires étrangères, a expliqué le contexte historique des négociations de réconciliation avec le Fatah dans un entretien de dimanche avec Al-Aqsa, la chaîne télévisée de son mouvement.

A la suite de six années de persécution politique par l’Autorité palestinienne commencée en 1994, a-t-il déclaré, Yasser Arafat est venu à la conclusion que les négociations de paix avec Israël étaient futiles, alors que les négociations pilotées par le président américain Bill Clinton étaient rompues. Israël et Clinton ont ensuite critiqué Arafat pour l’échec des négociations, qui ont été suivies par le début de la Seconde Intifada et une violente série d’attaques à la bombe sur Israël.

« [Arafat] a envoyé quelqu’un à l’Agence de sécurité préventive qui a dit au Sheikh Salah Shehadah : « Je n’ai pas de problèmes pour que le Hamas mène des opérations », al-Zahar a déclaré. Shehadah était un chef terroriste du Hamas tué en 2002 en Israël.

Plus tard, un groupe armé auparavant inconnu a fait son apparition à Gaza, se faisant appeler les Forces Omar Al-Mukhtar. Les dirigeants du Hamas étaient partagés quant à savoir comment traiter le nouveau groupe, a-t-il continué. Certains croyaient qu’Omar Al-Mukhtar était lié à Israël, tandis que d’autres préconisaient de profiter du moment pour mener des attaques conjointes avec le groupe ou d’utiliser ses armes pour les attaques du Hamas.

Le Hamas a finalement décidé de prendre les armes – y compris des lance-grenades anti-tanks RPG – d’Omar Al-Mukhtar qui ont fini par être une arme de l’Autorité palestinienne et du Fatah à Gaza, a déclaré al-Zahar.

« [Israël] a dit à Abu-Ammar (Arafat) : ‘Ecoute, nous ne t’avons pas ramené pour faire ce genre de choses’, puis ensuite il y a eu le siège [du bâtiment d’Arafat à Ramallah], la Cisjordanie a été réoccupée et on s’est débarassé de lui ».

Les commentaires d’Al-Zahar donnent plus de crédit encore à l’affirmation que la Seconde Intifada, qui a commencé en septembre 2000 à la suite d’une visite controversée par le chef de l’opposition d’alors Ariel Sharon au mont du Temple, était moins un soulèvement spontané qu’une volonté d’Arafat de mettre le feu à la rue. De nombreux officiers israéliens ont affirmé qu’Arafat avait été l’instigateur de la Seconde Intifada, en partie pour faire oublier les critiques sur son refus de progresser vers un accord de paix total dans les négociations de Camp David.

« Si ce [changement de politique par Arafat] devait améliorer sa position dans les négociations ou si cela constituait un changement réel, Dieu seul le sait, mais il n’y a plus eu de persécution [du Hamas par l’Autorité palestinienne], » a conclu al-Zahar.

Pendant ce temps, Azzam al-Ahmad un officiel du Fatah qui a mené les négociations avec le Hamas, a fermement critiqué l’organisation islamique dans un entretien de samedi avec la chaîne de TV Rêve d’Egypte, en l’accusant d’avoir bombardé les bureaux du Fatah à Gaza le 7 novembre. Il a déclaré que l’Autorité palestinienne a décidé de geler tout contact avec le Hamas au pouvoir à Gaza.

« Le Hamas fait partie des Frères musulmans et il est bien connu que les Frères musulmans n’ont pas de loyauté pour les Etats où ils opèrent, a déclaré al-Ahmad. Ils croient au Califat islamique, et sont libres de le faire. Mais ils ne peuvent pas l’imposer au peuple palestinien ».

Al-Ahmad a ajouté que l’Egypte avait informé l’Autorité palestinienne que le Hamas était impliqué dans des attaques terroristes à l’intérieur de l’Egypte.

“Le Hamas s’est habitué à jouer avec les mots et à cacher les choses. Nous voulons que ces secrets disparaissent, et travailler ensemble avec eux en plein jour ».