La présidente Cristina Fernandez de Kirchner a appelé les institutions juives et l’opposition à trouver « un projet alternatif, dépourvu de propositions insensées comme l’invasion de l’Iran, » lors de son discours sur l’état de la Nation samedi.

En effet, ces institutions ont rejeté le plan de partenariat avec l’Iran pour enquêter sur l’attaque du centre juif AMIA de 1994.

Le 27 janvier 2013, l’Argentine et l’Iran avaient signé un protocole d’accord qui amènerait les deux parties à établir la vérité sur les faits de juillet 1994.

Au cours de l’été 1994, l’Iran avait commandité un attentat sur le centre culturel juif AMIA à Buenos Aires, qui avait tué 85 personnes et en avait blessé des centaines.

L’accord avait soulevé de nombreuses critiques de la part de la communauté juive internationale.

« L’idée d’établir une commission pour établir ‘la vérité’ sur la tragédie d’AMIA qui implique le régime iranien reviendrait à demander à l’Allemagne nazie d’aider à reconstituer les faits de la Nuit de Cristal, » avait déclaré David Harris, le directeur du Comité juif américain, à l’époque.

La communauté juive argentine, des groupes juifs internationaux, Israël et les États-Unis s’étaient manifestés contre l’accord. L’Iran était impliqué dans le bombardement mais personne n’a jamais été poursuivi en justice.

Kirchner, a révélé avoir rencontré, avec le ministre des Affaires étrangères Hector Timerman, les dirigeants du centre culturel juif AMIA, en décembre.

Les deux politiciens ont demandé aux dirigeants de préparer une proposition alternative « différente de l’actuel protocole d’accord, mais qui s’aligne avec le droit international et dont le processus permettra à l’enquête d’avancer. »

« En tant que présidente, je m’engage à mettre fin à cet accord et à accepter leur proposition. La mémoire, la vérité et la justice ne devraient pas seulement être un slogan, » a-t-elle déclaré.

La réunion à laquelle Kirchner faisait référence se tenait avec les dirigeants du DAIA, le groupe de coordination d’organisations juives politiques qui représente tout un réseau d’institutions juives nationales.

La réunion avait été organisée pour discuter de nouveaux moyens de faire avancer l’enquête sur le bombardement du centre AMIA.

« Nous cherchons d’autres alternatives mais il est d’abord nécessaire d’abolir le protocole avec l’Iran. Nous commencerons par lancer une campagne d’envergure nationale pour un Mémorandum sur la Compréhension, » a indiqué Wald Wolff, le vice-président de DAIA à JTA.

En novembre 2013, le procureur spécial argentin, Alberto Nisman, avait demandé à un juge fédéral de déclarer le protocole anticonstitutionnel.

Le centre AMIA à Buenos Aires après l'attentat en 1994 (Crédit : CC BY La Nación (Argentine)/Wikipedia Commons)

Le centre AMIA à Buenos Aires après l’attentat en 1994 (Crédit : CC BY La Nación (Argentine)/Wikipedia Commons)