Ari Harow, l’ancien directeur de cabinet de Benjamin Netanyahu devenu témoin de l’accusation dans les enquêtes sur des faits de corruption contre le Premier ministre, aurait dit à des amis qu’il ne trahissait pas son ancien patron.

Quelques jours avant de signer l’accord pour devenir témoin de l’accusation, Harow a dit à des amis proches à la synagogue qu’il n’avait rien fait de mal en travaillant pour le Premier ministre ou en témoignant contre lui, a annoncé dimanche la Deuxième chaîne. Le reportage ne précisait pas comment ces citations ont été obtenues.

Harow a déclaré qu’il ne trahissait pas Netanyahu. « La définition de témoin de l’accusation, ce n’est pas quelqu’un de proche qui trahit son chef, a-t-il dit. L’Affaire 2000 n’est pas une affaire que j’ai ouverte. C’est quelque chose qui m’est tombé dessus pendant que j’y étais. Ma capacité à parler ou à ne pas parler avec la police n’a rien à voir. »

L’Affaire 2000 porte sur un accord de contrepartie présumé entre Netanyahu et le propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, Arnon Moses, dans lequel le Premier ministre aurait entravé un quotidien rival, Israël Hayom, qui appartient à Sheldon Adelson, en faisant adopter une loi par la Knesset, en échange d’une couverture plus favorable du Yedioth.

Pendant qu’il tentait de s’innocenter, Harow n’a pas dit à ses amis s’il pensait que le Premier ministre avait commis un crime, selon la chaîne.

Ari Harow, ancien chef de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une réunion du Likud à la Knesset, le 24 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Ari Harow, ancien chef de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une réunion du Likud à la Knesset, le 24 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Ils m’accusent de crimes qui ne sont pas liés au Premier ministre, et à mon avis, je ne les ai pas commis », a-t-il dit, selon le reportage. « Le choix n’est pas d’envoyer en prison moi ou [Netanyahu]. C’est plutôt de savoir si je vais en prison sans aucune raison ou pas. »

L’ancien directeur de cabinet, né en Californie, a dit être fier d’avoir travaillé pour Netanyahu.

« J’ai servi deux fois au bureau du Premier ministre pour le sionisme, parce qu’ils me l’ont demandé, a-t-il dit. Je suis fier du temps où j’ai servi le peuple sous Netanyahu, et il n’y a rien dont je puisse avoir honte. »

Il a également dit à ses amis que son cas n’avait rien à voir avec celui de Shula Zaken, conseillère de l’ancien Premier ministre Ehud Olmert qui a été témoin de l’accusation contre lui et a purgé six mois de prison pour complicité de ses crimes.

« Ce n’est pas comparable [à Shula Zaken], aurait dit Harow. Je n’ai transgressé aucune loi avec Netanyahu, et je n’essaie pas de l’accuser pour échapper à une peine. »

Ehud Olmert and Shula Zaken in September 2011 (photo credit: Uri Lenz/Flash90)

Ehud Olmert et Shula Zaken en septembre 2011. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

Zaken avait fourni aux procureurs des enregistrements de conversations qu’elle avait eues avec Olmert, et pendant lesquelles il lui aurait offert de l’argent pour qu’elle ne témoigne pas contre lui.

Harow a dit à ses amis qu’il n’avait commis aucun crime.

« Je n’ai jamais pensé à l’époque que c’était des actes criminels, et même maintenant, j’en suis toujours convaincu. L’affirmation que c’est pour ‘charger Netanyahu’ est donc incorrecte. Ce n’est pas du tout mon vocabulaire », a-t-il déclaré, selon la Deuxième chaîne.

Il a affirmé à ses amis que tout ce qu’il avait fait était honnête.

« Les accusations contre moi sont infondées. Je n’ai rien fait avec mon entreprise sans conseil juridique, leur a-t-il dit. En d’autres circonstances, je serai parti au combat, mais avec la situation actuelle, et vu les ressources investies, cela aurait été inutile. »

Il a démontré son innocence en se basant sur la peine légère à laquelle il devrait être condamné. La police a annoncé qu’il devrait être condamné à six mois de travaux d’intérêts généraux et à 700 000 shekels d’amende.

« Je devrais recevoir quelques mois de travaux d’intérêt général, a-t-il dit. Si les preuves contre moi étaient si fortes, j’irai en prison pour cinq ans et l’accusation n’aurait jamais accepté d’être si clémente. »