L’Iran a qualifié mardi de « farce » la présentation par Israël d’une cargaison d’armes saisies sur un navire en mer Rouge et envoyée selon l’Etat hébreu par Téhéran à l’enclave palestinienne de Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé lundi la communauté internationale « d’hypocrisie » sur l’Iran, lors d’une conférence de presse au port d’Eilat où a été déchargé le cargo arraisonné la semaine dernière par la marine israélienne.

« Tout cela est une farce », a affirmé la porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Marzieh Afkham. Ces accusations « coïncident avec la réunion [du principal lobby pro-israélien en Amérique] AIPAC aux Etats-Unis et alors que les relations de l’Iran avec différents pays s’améliorent ».

Les relations entre Téhéran et Washington « inquiètent » Israël et l’ont poussé à « utiliser sa tactique habituelle », a-t-elle dit, en allusion à un début de détente entre l’Iran et les Etats-Unis à la faveur des négociations sur le dossier nucléaire iranien.

Le bateau transportait notamment 40 roquettes M-302, d’une portée allant de 90 à 160 km, selon l’armée israélienne.

Fabriquées en Syrie, elles auraient transité par l’Iran avant d’être chargées sur le navire pour des groupes armées palestiniens de Gaza.

Lundi, Benjamin Netanyahu s’en est pris spécifiquement à la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, qui avait rencontré la veille les principaux dirigeants iraniens lors d’une première visite à Téhéran.

Il a également appelé la communauté internationale à « se réveiller et empêcher l’Iran de développer ses capacités à se doter de l’arme nucléaire ».

L’Occident et Israël soupçonnent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil, ce qu’elle dément fermement.

L’Iran et les grandes puissances ont conclu un accord, entré en application le 20 janvier, gelant pour six mois certaine activités nucléaires sensibles en échange de la levée d’une partie des sanctions occidentales.

Les deux parties se retrouvent le 17 mars à Vienne pour tenter de conclure un accord définitif, qui mettrait fin à plus de dix ans de crise.