De retour du Liban, un journaliste arabe israélien a été arrêté ce week-end et placé en détention avec interdiction de communiquer avec sa famille ou de contacter un avocat, rapportent jeudi les médias israéliens.

L’information relative à la détention de Majd Kayyal, un activiste et écrivain bien connu, a été interdite de publication jusqu’à jeudi, midi.

Kayyal a été placé en détention samedi par la police israélienne et le Shin Bet, au poste frontalier de cheikh Hussein. Il est soupçonné d’être entré en contact avec un agent étranger et accusé d’avoir visité un Etat ennemi.

Un tribunal de première instance de Tel-Aviv a décidé de prolonger la détention de Kayyal jusqu’à mardi, lors d’une audience qui s’est tenue jeudi.

Selon les agences de renseignements israéliennes, Kayyal, 23 ans, a rencontré des membres du Hezbollah au cours d’une brève visite dans la capitale libanaise, à Beyrouth, a rapporté le site Walla.

Selon son avocat, un porte-parole de Adalah – le Centre juridique pour les droits de la minorité arabe en Israël, Kayyal a été interrogé à propos d’éventuels contacts avec le Hezbollah sans aucun élément de preuves.

Kayyal réside à Haïfa et collabore en tant qu’éditeur pour Adalah. Il écrit également pour le journal libanais As-Safir.

Selon la page Facebook de Adalah, Kayyal revenait d’une conférence organisée à l’occasion du 40e anniversaire d’As-Safir de Beyrouth.

Le journal libanais, considéré comme indépendant, a récemment publié une interview exclusive du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Selon le Shin Bet, Kayyal ne possède pas de carte de presse israélienne. Les services de sécurité devraient rendre une décision dans les prochains jours sur une prolongation éventuelle des investigations menées à son encontre, rapporte Haaretz.

Les avocats d’Adalah, qui ont déclaré leur intention de représenter Kayyal, ont tenté de lui rendre visite suite à son arrestation. Cependant, la police a émis une interdiction de visite jusqu’à mercredi.

Dans une interview accordée à la radio israélienne, l’avocat principal de Kayyal, Sawsan Zaher, a affirmé que son client est détenu dans de mauvaises conditions depuis son arrestation il y’a cinq jours, et n’a pas été autorisé à voir sa famille.

Les partisans de Kayyal ont l’intention d’organiser jeudi soir un rassemblement en signe de protestation, à Haifa.

Selon Aram Mahameed, un membre de l’organisation Adalah qui a rencontré Kayyal mercredi, le journaliste avoue avoir participé à une conférence à Beyrouth, mais rejette les accusations selon lesquelles il aurait rencontré des personnages suspects en marge de la conférence.

Selon Kayyal, sa participation à la conférence n’avait pas été placée sous le sceau du secret. Il assure avoir partagé l’information sur le journal As-Safir, mais également sur sa page Facebook.

Malgré l’interdiction de publication, son arrestation a été largement rapportée dans le monde arabe et de nombreux sites ont lancé une campagne en faveur de sa libération.

Interrogée sur le cas Kayyal, la porte-parole du département d’État américain Jen Psaki a répondu que les États-Unis examinaient les rapports autour de sa détention.

Selon Haaretz, Kayyal est un militant politique bien connu de la société arabe israélienne. Membre du parti Balad, il fut l’un des leaders de la protestation menée contre le plan Prawer qui prévoyaient la réinstallation des Bédouins dans le Néguev.

En novembre 2011, il embarque à bord d’une flottille turque battant pavillon vers la bande de Gaza, un an et demi seulement après l’affaire du Mavi Marmara. La marine israélienne a arraisonné les deux navires qui ont participé à la deuxième flottille et Kayyal a été détenu plusieurs heures avant d’être libéré.

Suha Halifa et Associated Press ont contribué à la rédaction de cet article.