« Nous voulons créer un réseau de villes et leur dire, ‘résolvons nos problèmes ensemble’ », a déclaré Smadar Itskovitch, chef du département du développement de l’industrie à la municipalité d’Ashdod, dans un entretien téléphonique avec le Times of Israel.

La ville a récemment organisé une table ronde sur les transports publics intelligents et autonomes dans le cadre du sommet intitulé The Fuel Choices and Smart Mobility, qui a lieu à Tel Aviv mardi et mercredi.

Organisé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le cinquième sommet du Fuel Choices and Smart Mobility Summit, rassemblera à Tel Aviv, pendant deux jours, les décideurs et les chefs d’entreprises du monde entier pour discuter de nouvelles approches des technologies du transport public et pour promouvoir l’objectif d’Israël, à savoir de réduire de 60 % sa consommation de pétrole d’ici 2025, lit-on sur le site du Sommet.

Lors de cet évènement, Itzkovich présentera le Smart Mobility Living Lab d’Ashdod, un projet conjoint mis sur pied avec le Massachussetts Institute of Technology (MIT), et des entreprises de technologie et de transport public comme Mobileye (fabricant de système d’assistance visuelle pour les automobilistes), Microsoft et Gett (une société de mobilité à la demande), pour faire de la ville d’Ashdod une ville-cobaye pour le développement et l’essai de systèmes de transports modernes.

Le projet récoltera des données provenant de plusieurs sources, des applications de voyage, des fabricants de GPS, de sociétés de mobilité à la demande, et des capteurs seront placés dans les rues, les bus et les abribus.

Une base de données ouverte sera créée et accessible à toutes les start-ups, les gouvernements et les universités intéressés à travailler sur des technologies qui permettront de créer les prochains systèmes de transport intelligents.

Le projet va également cartographier digitalement la ville pour les besoins des voitures autonomes, a indiqué Itskovitch.

La ville prévoit aussi de lancer un projet pilote avec Gett et l’université de Tel Aviv, pour mettre en place des véhicules de transit à la demande, qui transporteront chacun 14 personnes, et qui circuleront en parallèle des transports publics de la ville.

« Nous voulons voir comment réduire la circulation », a-t-elle dit.

La ville portuaire d’Ashdod, 6e ville du pays, avec 250 000 habitants, compte davantage de propriétaires de voitures que les autres villes israéliennes, et est donc un terrain propice aux tests pour les transports intelligents. Israël est assez mal classé dans l’usage des transports publics, en comparaison à d’autres pays développés.

En 2014, Ashdod a été choisie par l’Israel Transportation Department pour tester une re-conceptualisation de la mobilité urbaine, un projet à 85 millions de dollars appelé ReWay. Le défi : réduire le nombre de propriétaires de voitures en augmentant l’usage des trottoirs (ReWalk], des pistes cyclables (ReBike], et des lignes de bus « intelligentes » (ReBus).

Dans le cadre de ce projet, la ville a mis en place un réseau de fibres optiques, créé des arrêts de bus digitaux, installé des capteurs et des caméras de circulation dans les rues, les bus et aux carrefours, et a numérisé un système de contrôle sur les bus qui, selon la ville, sera la route la plus intelligente en Israël, un tronçon de 10 kilomètres au cœur de la ville. Tout sera relié via un cloud au centre de contrôle de la ville, connecté au projet Living Lab, qui fonctionnera sans interruption, et permettra aux chercheurs et aux entrepreneurs d’obtenir des données sur le trafic et les habitudes de conduite, pour tester localement leurs technologies.

Smadar Itskovich, chef du département du développement de l’industrie à la municipalité d’Ashdod. (Autorisation)

Smadar Itskovich, chef du département du développement de l’industrie à la municipalité d’Ashdod. (Autorisation)

« Ce sera une base de données ouvertes sur les comportements humains qui appartiendra au public et qui sera ouverte au public », a expliqué Itskovitch. « L’idée est de créer une infrastructure d’information pour changer les comportements humains. »

Dans le cadre de ce projet, Ashdod va également déployer la technologie Mobileye sur les véhicules publics pour obtenir des données sur les zones sujettes aux accidents dans la ville. Mobileye a déjà implanté des systèmes similaires à Londres et à Brooklyn.

La ville initiera d’autres innovations, dans un contexte où les villes sont au carrefour entre la politique et « la dure réalité de l’expérience urbaine », a analysé Itskovitch.

« Ce que nous voulons voir, c’est l’implantation d’un consortium international, voir les villes du monde entier associer leurs efforts, partager leurs solutions pour les problèmes liés au transport en commun, sans être soumis à des politiques, des idéologies ou à la géographie », a expliqué Itskovitch.

« Nous espérons que les villes américaines, ainsi que les autres villes du monde s’associeront à l’Ashdod Smart Mobility Living Lab, pour que nous puissions apprendre des réussites et des échecs de chacun, et développer ensemble les systèmes de transport du futur. »

Des spécialistes de la mobilité municipale de Londres, de Nice, de Munich, de Varsovie, de Helsinki, d’Ashdod, de Jérusalem, de Netanya, d’Eilat, de Haïfa, et de Surrey (Canada) assisteront à cette table ronde.