Le comité politique de l’OLP se réunira avec les chefs des agences de sécurité palestiniennes cette semaine pour réévaluer la coopération sécuritaire avec Israël, a déclaré un haut responsable de l’OLP au Times of Israel.

Hanan Ashrawi, membre du Comité exécutif de l’OLP, a déclaré qu’elle souhaitait une réévaluation globale des relations palestiniennes avec Israël en raison de ce qu’elle a appelé l’intransigeance du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans les négociations.

« Nous devrions certainement redéfinir notre relation avec Israël dans tous les domaines, parce que Netanyahu a renié tous les accords et travaille délibérément et de manière agressive pour détruire les chances de paix », explique-t-elle, refusant de commenter les positions de l’establishment de la sécurité palestinienne.

« Nous devons travailler d’une manière qui sauvera les chances de paix… nous devons le faire tout ce qu’il faut. »

Dans la période précédant le jour du scrutin, Netanyahu avait affirmé au site d’information NRG qu’il ne permettra pas qu’un Etat palestinien soit établi pendant son mandat. Mais à la suite de sa réélection le 17 mars, Netanyahu est revenu sur ses commentaires en disant qu’il était toujours engagé à une solution à deux Etats lorsque « les circonstances changeront ».

Ashrawi, membre du comité politique créé la semaine dernière par l’OLP pour redéfinir les liens des Palestiniens avec Israël, a précisé qu’elle n’était pas convaincue par les « protestations verbales » de Netanyahu.

Le Premier ministre britannique David Cameron a exhorté Netanyahu lundi à poursuivre la recherche d’une solution à deux Etats en reprenant les négociations, mais Ashrawi a expliqué que les Palestiniens avaient l’intention d’intensifier leur action unilatérale, en demandant une reconnaissance internationale supplémentaire pour un Etat palestinien, en signant plus de chartes internationales et de conventions et en « demandant des comptes par le biais de la Cour pénale internationale ».

L’adhésion de la Palestine à la CPI débutera officiellement le 1er avril, permettant à l’Autorité palestinienne de poursuivre les Israéliens individuellement pour crimes de guerre.

Ashrawi a déclaré qu’un comité national palestinien était en train de préparer deux dossiers qui seront présentées au tribunal : la construction continue des implantations, qui constitue, affirme-t-elle, un crime de guerre en vertu des Statuts de Rome et de la Quatrième Convention de Genève, et les actions israéliennes à Gaza lors de l’opération Bordure protectrice.

Commentant la réticence de l’administration Obama à accepter les clarifications de Netanyahu, Ashrawi a affirmé qu’Israël fera sûrement face à un isolement croissant à la fois en Europe et aux États-Unis, qui sont aujourd’hui plus disposés à agir contre l’Etat juif dans les cadres multilatéraux tels que le Conseil de sécurité des Nations unies et d’autres institutions internationales.

« Même si les gens étaient prêts à accorder à Netanyahu ‘une suspension d’incrédulité’ indépendamment de ce qu’il faisait sur le terrain, nous [les Palestiniens] savions depuis le début qu’il était en train de détruire les chances de paix et la solution à deux Etats », explique-t-elle.

« Netanyahu a joué à un jeu de grande tromperie qui est extrêmement dangereux, pour Israël mais aussi pour la Palestine et la région. »