L’Armée Syrienne libre a surveillé pendant de longues années les soldats iraniens, libanais, et même russes à la frontière avec Israël, révèle un commandant syrien de l’opposition sur le terrain au Times of Israel mercredi, tandis que ses forces planifient un siège de la capitale de Quneitra détenue par le gouvernement.

Dans une interview menée par le biais de Skype d’Amman, en Jordanie, où il est actuellement en congé, un commandant de bataillon a accepté de parler sous couvert d’anonymat. Il a déclaré que Mughniyeh, le général Mohammad Ali Allahdadi et les 10 autres tués dimanche lors d’un raid aérien supposément israélien étaient probablement en train de faire une tournée de la zone de Quneitra, en partie, pour remonter le moral des soldats chiites qui combattent aux côtés du régime d’Assad.

Mais « ils étaient peut être là-bas pour planifier quelque chose dont on ne serait pas au courant, ajoute-t-il. Ou peut-être aussi qu’ils ont reçu de nouvelles armes. »

Malgré la présence généralisée de ses hommes sur le terrain, les affirmations du commandant de l’armée syrienne libre ont révélé que ses forces connaissaient bien peu de choses sur les mouvements et les préparatifs du Hezbollah et des Iraniens dans la région.

L’Armée syrienne libre surveille régulièrement les communications radio des combattants pro-Assad sur le plateau du Golan, écoutant des conversations en libanais avec un accent arabe, en perse, et même en russe. Un commandant russe a été capturé par le groupe islamiste, le front Al-Nosra, lors de la bataille d’Al-Hamidiyah, lorsque le passage de la frontière de Quneitra a été pris par le régime d’Assad en août dernier, précise-t-il. Tous les combattants pro-Assad dans la région opèrent actuellement sous le commandement « chiite », que ce soit les Libanais ou les Iraniens. La Russie et l’Iran sont de fidèles alliés de Bachar el-Assad.

Les combattants chiites formés par le régime d’Assad, l’Iran et le Hezbollah sous le nom de « Forces de défense nationales » sont présents dans les villes de Deir al-‘Adas, Kanaker et Deir Maker, à l’ouest de Quneitra, où ils défendent la route de Damas grâce à des grenades propulsées avec des roquettes, des mortiers et des missiles antichars guidés par la chaleur.

« Nous avons intensifié la pression contre le régime d’Assad », explique le commandant rebelle, soulignant que ses troupes préparaient un siège de la ville de Quneitra, qui est entre les mains du régime. Ils ont été obligés de reporter leur attaque à cause d’une violente tempête de neige.

L’agence de presse libanaise El-Nashra a annoncé mercredi que l’Iran et le Hezbollah, en coordination avec le régime Assad, préparaient « un grand plan stratégique » pour Quneitra. Le plan inclut de s’attaquer à l’armée israélienne le long de la frontière israélienne long de 150 km avec la Syrie et le Liban, et la formation de milices locales sur le Golan syrien pour lutter contre Israël.

Le chef Suprême Ayatollah Khamenei et Jihad Mughniyeh (Crédit : @khamenei_ir, Twitter)

Le chef Suprême Ayatollah Khamenei et Jihad Mughniyeh (Crédit : @khamenei_ir, Twitter)

« Les calculs du Hezbollah et de l’Iran pour la région s’étendent bien plus loin qu’une simple réponse tactique et limitée à l’élimination aérienne israélienne à Quneitra, peut-on lire dans l’article d’El-Nashra. Les règles du jeu qui dominaient la région jusqu’à hier changeront. »

Le commandant rebelle estime que les forces chiites sont en effet destinés à s’attaquer à Israël de manière plus significative que par le passé, ce qui rend la coopération israélienne avec les forces de l’opposition modérée sur le Golan syrien plus urgentes que jamais.

« Vous avez une opportunité historique pour gagner le cœur du peuple syrien, qui a été déçu par le monde entier », clame-t-il à l’adresse du peuple israélien. Nous voulons combattre à vos côtés. Les Chiites ne s’arrêteront pas qu’en Syrie ; ils ont un projet de grande envergure qui vous mettra tout autant en danger. »

Le commandant syrien a également imploré Israël d’établir un système de transfert en Israël des combattants de l’opposition syrienne blessés dans la bataille.

« Pour le moment, l’entrée des patients est sporadique et dépend des individus. Nous voulons que cela soit public et établi, pour que le peuple syrien sache qu’Israël est le seul Etat qui accepte les patients syriens sans condition. »