Une équipe internationale d’enquêteurs a déterminé pour la première fois, dans un rapport publié vendredi, que le président syrien Bashar el-Assad et son frère cadet Maher étaient soupçonnés d’être liés à plusieurs attaques aux armes chimiques menées dans le pays en 2014 et 2015.

Selon Reuters, bien qu’une enquête commune des Nations unies et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques aient précédemment cité plusieurs unités militaires syriennes qui ont utilisé des armes chimiques, les enquêteurs n’avaient jusqu’alors jamais mentionné de commandant ou de responsable impliqué dans ces attaques.

Le dernier rapport, que Reuters s’est procuré mais qui n’a pas été rendu public, indique que 15 personnes associées au gouvernement syrien ont été impliquées dans l’utilisation d’armes chimiques pendant la guerre civile qui frappe le pays depuis 2011.

« Une liste d’individus que les enquêteurs ont lié à une série d’attaques au chlore en 2014 – 2015, dont Assad, son frère cadet Maher et d’autres personnages haut placés a été produite, indiquant que la décision d’utiliser des armes chimiques provient du plus haut niveau », a déclaré Reuters, citant « une source proche de l’enquête ».

Cependant, Virginia Gamba, qui dirige l’enquête commune, a démenti qu’une liste d’individus suspects ait été produite par les Nations unies et l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

« Il n’y a pas […] d’identification(s)s d’individus qui est envisagée pour l’instant », a-t-elle déclaré par e-mail à Reuters.

Bien qu’Assad lui-même n’ait pu être contacté pour commenter ce rapport, un responsable gouvernemental syrien a déclaré à Reuters que les accusations concernant l’usage d’armes chimiques n’avaient « aucun fondement ».

Masque à gaz. Illustration. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

Masque à gaz. Illustration. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

Paris, Londres et Washington ont demandé des sanctions contre les auteurs d’attaques à l’arme chimique en Syrie, notamment contre le régime de Damas.

Le gouvernement syrien est cependant protégé par son allié russe, qui a remis en cause les précédentes conclusions des Nations unies, et déclaré que les preuves n’étaient pas assez probantes pour lever des sanctions.

La Syrie a accepté de se débarrasser de son stock d’armes chimiques et de ne faire aucun usage de substances toxiques en temps de guerre quand elle a signé la Convention sur les armes chimiques en 2013, sous pression de la Russie.

L’AFP a contribué à cet article.