Avec un simple déguisement, un couteau de boucher et des bouteilles d’eau pour faire ses ablutions, Omar al-Abed, 19 ans, a sauté par-dessus la clôture de l’implantation de Halamish vendredi dans la soirée, déclenchant un capteur mais évitant toutefois d’être découvert.

Une fois à l’intérieur de l’implantation, l’adolescent palestinien a pratiqué une sorte de cérémonie de purification. Il portait une chemise blanche, le choix banal d’un grand nombre de Juifs pratiquants qui observent le Shabbat en Israël.

« Il savait que les Juifs portent des chemises blanches le jour du Shabbat. Alors même si quelqu’un l’avait vu, personne ne lui aurait prêté attention », a déclaré Victor Vaknin, coordinateur de la sécurité de l’implantation.

Quelques minutes plus tard, il frappait à la porte de la maison habitée par la famille Salomon, le couteau à la main. Les 10 membres de cette famille avaient déjà terminé leur dîner du Shabbat. Ils s’apprêtaient à lever un toast pour fêter la naissance d’un nouveau petit-fils lorsque Abed est arrivé. La bouteille de Whiskey n’était pas encore ouverte.

Elad Salomon, à gauche, en compagnie de son épouse Michal et de trois de leurs enfants (Autorisation)

Elad Salomon, à gauche, en compagnie de son épouse Michal et de trois de leurs enfants (Autorisation)

Attendant des invités venus pour partager la joie des grand-parents, ils lui ont ouvert la porte. « Mais au lieu de voir un invité leur dire ‘mazel tov’, il y a eu un massacre », a continué Vaknin.

Abed, venu du village voisin de Kobar, a mortellement poignardé trois membres de la famille : le patriarche, Yosef Salomon, 70 ans, et deux de ses enfants, Chaya, 46 ans et Elad, 36 ans. Ce déchaînement sanglant a pris fin lorsqu’un voisin, servant dans une unité d’élite de l’armée israélienne, a saisi son arme à feu et a tiré sur le terroriste palestinien qu’il a blessé au ventre.

Selon les évaluations initiales, l’équipe de sécurité de l’implantation – connue en hébreu sous le nom de kitat konenut — a répondu à l’effraction conformément au protocole, a indiqué Vaknin au Times of Israel.

Comme la majorité des implantations, Halamish est entouré par une clôture dotée de capteurs de contact, permettant aux personnels de sécurité de savoir si une brèche a été faite dans la barrière et où. Si ces capteurs détectent une infiltration, les bénévoles font appel à l’armée qui délègue des soldats qui feront des recherches dans la zone. Ce n’est pas arrivé vendredi soir.

Yosef, Elad and Chaya Salomon (Crédit : autorisation)

Yosef, Elad and Chaya Salomon (Crédit : autorisation)

Lorsque Abed a franchi la clôture et qu’il est entré dans l’implantation, les capteurs se sont déclenchés. Une patrouille à bord d’une jeep s’est rendue dans le secteur et un membre de la sécurité a cherché les indications d’une éventuelle infiltration, a raconté Vaknin.

La patrouille n’a vu aucun signe manifeste indiquant une brèche suspecte et le kitat konenut n’a donc pas transmis de message à l’armée israélienne, pensant que les capteurs avaient été déclenchés par un animal, a-t-il dit.

« Il est allé là-bas, il a observé, il n’a rien vu et il est donc parti », a déclaré Vaknin.

Des amis et des proches se recueillent sur la tombe de Yosef Salomon, 70 ans, sa fille Haya, 46 ans, et son fils Elad, 36 ans, après leurs funérailles qui ont réuni des milliers de personnes au cimetière de Modiin, le 23 juillet 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/ FLASH90)

Des amis et des proches se recueillent sur la tombe de Yosef Salomon, 70 ans, sa fille Haya, 46 ans, et son fils Elad, 36 ans, après leurs funérailles qui ont réuni des milliers de personnes au cimetière de Modiin, le 23 juillet 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/ FLASH90)

Dans la mesure où le côté de Halamish par lequel est entré al-Abed jouxte une forêt, les capteurs de ce segment de clôture sont souvent activés par des animaux.

Toutefois, selon la Deuxième chaîne, l’évaluation initiale de l’attentat par l’armée a estimé que l’équipe de réponse avait été lente à vérifier la clôture après l’activation des capteurs, ce qui pourrait avoir donné à Abed plus de temps pour se faufiler à l’intérieur de l’implantation.

Omar al-Abed, le terroriste qui a tué 3 Israéliens dans leur maison à Halamish, le 21 juillet 2017 (Crédit : Facebook)

Omar al-Abed, le terroriste qui a tué 3 Israéliens dans leur maison à Halamish, le 21 juillet 2017 (Crédit : Facebook)

Toutefois, le temps réel qui aurait permis à la patrouille de remarquer la présence d’Abdel le long de la clôture reste encore indéterminé.

Vaknin a expliqué que cela fait longtemps que l’implantation a conscience que la partie sud-est de Halamish est vulnérable et que des avertissements sur cette menace avaient été lancés à de multiples responsables de la défense.

« Nous avons parlé au ministre de la Défense, au chef d’Etat-major, au chef du Commandement central, à tous les responsables de la défense possibles », a-t-il ajouté.

Et, en effet, ce périmètre par lequel Abed est entré à Halamish est le même où, au mois de novembre, trois hommes palestiniens auraient allumé un incendie volontaire qui avait détruit 17 habitations et endommagé 25 autres, selon le coordinateur de la sécurité.

Maisons et arbres brûlés dans l'implantation de Halamish, en Cisjordanie, le 26 novembre 2016, au lendemain d'un incendie qui a touché des dizaines de maisons. (Crédit : pompiers israéliens)

Maisons et arbres brûlés dans l’implantation de Halamish, en Cisjordanie, le 26 novembre 2016, au lendemain d’un incendie qui a touché des dizaines de maisons. (Crédit : pompiers israéliens)

Vaknin a indiqué que l’implantation voulait l’installation de caméras supplémentaires et fermer la route située au bas de la colline, qu’avaient emprunté les incendiaires présumés comme le terroriste de vendredi soir.

« Cela fait sept mois que nous le demandons », a-t-il déploré. « Ils profitent de ce point faible et ils réussissent à commettre des attentats terroristes ».

L’armée israélienne n’a pas répondu aux demandes de commentaires du Times of Israel.