Mardi, quatre soldats israéliens ont été blessés lors d’une explosion au passage de leur Jeep près de Majdal Chams, à la frontière israélo-syrienne.

Quelques heures plus tard, difficile de pointer du doigt un coupable avec certitude. Or, au cours des trois dernières semaines, quatre autres attaques similaires ont visé des positions israéliennes à la frontière nord du pays. Il semble donc qu’une main invisible tente de mener la région vers une escalade des violences.

Le Hezbollah reste naturellement le premier suspect. Si les hauteurs du Golan syrien n’ont pas coutume de servir de base d’attaque du groupe chiite libanais contre l’Etat hébreu, le mouvement terroriste se positionne actuellement un peu partout en Syrie.

Le Hezbollah multiplie les griefs contre Israël. L’armée israélienne a mené une attaque sur un convoi d’armes dans la vallée de la Bekaa et annoncé l’assassinat d’Hassan Al-Laqis. Le groupe terroriste a également la capacité de lancer des attaques comme celle d’hier.

Le Hezbollah, ou l’une de ses filiales, reste donc le coupable le plus probable susceptible de frapper des cibles israéliennes le long de la frontière syrienne.

Toutefois, la liste des suspects n’est pas exhaustive. En effet, un incident similaire s’est produit il y a deux semaines quand l’armée israélienne a repéré plusieurs activistes en pleine préparation d’une bombe près de la frontière. À première vue, les coupables semblent être des djihadistes.

D’ailleurs, de larges pans des hauteurs du Golan syrien sont contrôlés par les forces rebelles qui s’identifient, pour certaines, à l’idéologie radicale sunnite.

Or ces hommes, même s’ils ne portaient pas les treillis de l’armée syrienne, opéraient dans une région contrôlée par l’armée à la solde d’Assad.

Le Hezbollah et la Syrie considèrent avoir subi trop de déconvenues infligées par l’armée israélienne.

La direction syrienne, de concert avec le Hezbollah, pourrait tenter d’avertir Israël du prix à payer si l’Etat hébreu continue de porter atteinte aux intérêts syriens.

Il y a quelques mois, suite à un raid similaire israélien contre la Syrie, le président Bachar Al-Assad a déclaré que le plateau du Golan deviendrait un bastion de la « résistance ». Damas tente, semble-t-il, de vouloir tenir parole.

Pour l’heure, l’alliance tacite scellée entre le Hezbollah et Assad reste forte. L’organisation chiite est en passe de devenir l’un des soutiens militaires du régime syrien les plus importants et les plus efficaces.

Une victoire du Hezbollah a permis à Assad de reprendre le contrôle de Qusair, entraînant ainsi un changement de dynamique qui contribue à la reconquête par Damas de la ville clé de Yabroud.

Yabroud constituait l’un des bastions importants pour les plus extrémistes des rebelles islamistes, tout près de la frontière avec le Liban.

Le contrôle de la ville avait offert aux organisations sunnites radicales un accès à la frontière syro-libanaise. Ce qui facilitait les attaques kamikazes sunnites contre des cibles chiites au Liban.

Si les succès au crédit de l’armée syrienne et du Hezbollah dans la ville entraîneront pas de changements dramatiques, ils sont toutefois perçus comme importants. Ces succès constituent en effet un échec retentissant pour une opposition troublée et divisée.

Selon les médias proches du Hezbollah, l’armée syrienne continue de progresser dans la région de Yabroud.

Si ces réussites militaires se poursuivent, le Hezbollah sera en mesure de récolter les lauriers et les ressources pour mener des attaques contre les Israéliens sur les hauteurs du Golan et les zones environnantes.