Le procès pour entrave à l’enquête sur l’attentat contre la mutuelle juive Amia en 1994 à Buenos Aires (85 morts, 300 blessés) débutera le 6 août avec l’ancien président Carlos Menem (1989-1999) parmi les accusés.

L’ancien juge chargé de l’enquête de 1994 à 2003, Juan José Galeano, et l’ex-patron des services secrets, Hugo Anzorreguy, seront à ses côtés sur le banc des accusés.

La justice argentine leur reproche d’avoir effacé des preuves après l’explosion qui a pulvérisé un bâtiment abritant les principales institutions juives d’Argentine, et d’avoir rapidement écarté la piste syrienne.

Le juge Galeano est même accusé d’avoir remis un pot de vin en échange d’un faux témoignage au propriétaire d’une casse automobile soupçonné d’avoir fourni le véhicule qui, bourré d’explosifs, a explosé devant l’Amia.

Carlos Menem, 85 ans et déjà condamné à plusieurs reprises pour des faits de corruption, sera dispensé d’assister au procès du fait de son statut de sénateur qui lui confère une immunité.

Début 2015, un procureur a aussi accusé la présidente actuelle Cristina Kirchner d’entrave à l’enquête visant à élucider l’attentat de l’Amia, mais la justice n’a pas engagé de poursuites. Mme Kirchner était accusée par le procureur Alberto Nisman d’avoir couvert des dirigeants iraniens soupçonnés par la justice argentine d’avoir commandité l’attentat.

Nisman a été retrouvé mort chez lui en janvier.

Pour Israël, les deux attentats à Buenos Aires visant la communauté juive, contre l’ambassade d’Israël en 1992 et l’Amia en 1994, ont été ordonnés par le régime iranien.