L’attentat terroriste dramatique survenu vendredi sur le mont du Temple a suscité des condamnations de la part de tout le spectre politique israélien, notamment des appels à changer les arrangements mis en place depuis longtemps sur le lieu saint, qui y autorisent la prière musulmane mais interdisent le culte et les rituels religieux juifs.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a repoussé ces appels par un communiqué sans équivoque qui a été émis par son bureau vendredi affirmant que « le statu-quo sera protégé ».

Selon le communiqué, Netanyahu a convoqué une rencontre réunissant le ministre de la Défense Avigdor Liberman, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, le chef d’état-major de l’armée, Gabi Eisenkot, le chef du Shin Bet Nadav Argaman, celui de la police israélienne Roni Alsheich, le coordinateur pour les activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), le général de division Yoav Mordechai et d’autres.

Erdan a qualifié l’attaque « d’événement d’une extrême gravité qui franchit toutes les lignes rouges. L’enquête est en cours. Nous devrons réévaluer tous les arrangements sécuritaires sur le mont du Temple et dans ses environs. J’appelle tous les leaders publics à agir de manière à apaiser la situation et à assurer la sérénité à Jérusalem ».

Selon la police, les terroristes sont venus du mont du Temple peu après 7 heures du matin. Ils ont marché vers la sortie de la porte des Lions avant d’ouvrir le feu sur des Israéliens, tuant deux policiers Kamil Shnaan et Haiel Sitawe et en en blessant légèrement un troisième. Après la fusillade, les terroristes se sont enfuis vers le mont du Temple, pourchassés par la police. C’est alors que les agents ont ouvert le feu, tuant les terroristes à l’intérieur du complexe.

Le ministre des Affaires de Jérusalem Zeev Elkin a expliqué que « l’usage cynique du mont du Temple en tant que zone d’immunité et de terrorisme, d’une certaine façon, doit cesser. Nous ne désirons pas envoyer des forces de sécurité opérer sur le mont du Temple mais si nous devons le faire alors nous ne ferons. La volonté évidente des terroristes d’utiliser le mont du Temple résulte des incitations » entendues sur le site qui, a-t-il noté, a déjà connu dans le passé des émeutes.

A droite de l’échiquier politique, certains politiciens ont demandé à ce que le statu-quo en cours sur le lieu saint soit changé.

Le vice-ministre de la Défense, Eli Ben Dahan (HaBayit HaYehudi) a relié l’attaque à la décision prise cette semaine par la Commission du patrimoine de l’UNESCO désignant le Tombeau des patriarches lieu saint musulman mis en péril par Israël.

Disant que les deux événements entrent dans le cadre d’une campagne palestinienne visant à « saper nos liens » avec les lieux saints à Hébron et à Jérusalem, il a expliqué que cet effort « a commencé avec la décision de l’UNESCO que le tombeau des Patriarches est un site appartenant au patrimoine palestinien. Il continue aujourd’hui avec cette tentative d’attentat menée par trois terroristes palestiniens sur le mont du Temple ».

Il a ajouté que : « Face à cette initiative, Israël doit renforcer sa gouvernance et son contrôle sur les [lieux saints], et garantir que tous les Juifs peuvent y prier en sécurité à n’importe quel moment ».

Il a appelé à ce que la fermeture du mont continue « jusqu’à ce que le calme et la sécurité y soient revenus ».

Moti Yogev, issu du même parti, a partagé le même point de vue, disant que le mont devait rester « fermé aux [fidèles musulmans pendant longtemps ».

Dans un communiqué conjoint, les législateurs du parti HaBayit HaYehudi Shuli Mpuallem-Refaeli et Yehudah Glick ont indiqué que « le terrorisme qui est mené avec le soutien de l’Autorité palestinienne et du mouvement islamique, dans une tentative visant à nier le lien juif avec le mont du Temple, ne peut pas rester sans réponse. Les extrémistes musulmans qui profanent le caractère sacré du mont du Temple, le lieu le plus saint du judaïsme, par leur sang, n’ont pas le droit de se trouver là. Et la décision prise par le chef de la police de Jérusalem Yoram Halevi de fermer le mont et de ne pas autoriser les musulmans à y faire leur prière du vendredi est donc une bonne décision ».

Certains politiciens de gauche ont mis en garde contre tout changement apporté au statu-quo.

Le législateur de l’Union sioniste Omer Bar-Lev, colonel de l’armée à la retraite, a expliqué qu’il « n’y a aucun doute sur le fait qu’il s’agit d’une tentative d’escalade de leur part. Le simple fait que [les tireurs] soient venus du mont du Temple vise à essayer de transformer cet attentat en lui donnant une dimension religieuse. C’est une tentative de négation du contrôle israélien sur la situation. Le gouvernement doit se montrer avisé et ne pas se laisser attirer dans une guerre religieuse. La fermeture [du site] aujourd’hui est évidente et raisonnable. Mais fermer le mont du Temple aux fidèles musulmans transformerait cet événement en incident international qui nuirait à Israël ».