Un inconnu s’est fait exploser jeudi à un point de contrôle du Hamas dans la bande de Gaza, a annoncé le mouvement terroriste palestinien, et une source médicale a indiqué qu’un homme du Hamas avait été tué dans l’attentat.

Des sources au sein des services de sécurité de la bande de Gaza ont déclaré croire que l’auteur de cet attentat suicide était un extrémiste islamiste.

« Tôt ce matin, les forces de sécurité ont arrêté deux individus qui s’approchaient de la frontière » de la bande de Gaza avec l’Egypte, a déclaré un porte-parole du ministère de l’Intérieur du Hamas.

« L’un d’eux s’est fait exploser, se tuant lui-même et blessant l’autre ainsi qu’un certain nombre de membres des forces de sécurité », a indiqué ce porte-parole dans un communiqué.

Une source médicale a ensuite déclaré qu’un membre des forces de sécurité du Hamas, Nidal Jomaa El-Jaafari, 28 ans, avait succombé à ses blessures après l’attentat suicide.

Selon des témoins, des centaines d’hommes des forces de sécurité ont été déployés le long de la frontière avec l’Egypte après l’explosion.

Le Hamas, un mouvement terroriste, gouverne la bande de Gaza depuis une décennie. Il est régulièrement critiqué par des groupes plus extrémistes actifs dans ce territoire.

Si l’hypothèse est confirmée, il s’agirait du premier attentat suicide contre les forces du Hamas dans la bande de Gaza, selon les sources au sein des forces de sécurité.

Le mouvement terroriste palestinien a récemment renforcé son dispositif de sécurité le long de la frontière sud de la bande de Gaza, à un moment où il s’efforce d’améliorer ses relations avec l’Egypte.

Les faits se sont produits à quelques centaines de mètres du seul point de passage entre la bande de Gaza et l’Egypte, fermé quasiment en permanence mais rouvert exceptionnellement depuis lundi pour permettre aux musulmans gazaouis de se rendre au pèlerinage de La Mecque qui débute à la fin du mois.

Iyad al-Bozoum, un porte-parole du ministère de l’Intérieur, a évoqué un « attentat suicide ». C’est le premier du genre contre les forces du Hamas dans la bande de Gaza, selon des sources au sein des forces de sécurité.

Les brigades Ezzedine al-Qassam, bras armé du Hamas, ont désigné dans un court communiqué « la théologie fondamentaliste jihadiste ».

Les chefs salafistes jihadistes affirment drainer des milliers de militants dans la bande de Gaza, un chiffre impossible à vérifier. Le Hamas évoque quelques dizaines d’individus.

Le Hamas a réussi jusqu’alors, au prix de tractations en sous-main et parfois d’une vigoureuse répression, à contenir le danger représenté pour son autorité par cette mouvance jihadiste capitalisant sur le désespoir des Gazaouis.

Au cours des derniers mois, le Hamas a discrètement arrêté des dizaines de personnes, provoquant la colère de groupes qui ont menacé de représailles violentes.

Pour le Hamas, contrecarrer le péril jihadiste est capital alors que, face aux pressions israéliennes et, plus récemment, aux vicissitudes diplomatiques de son grand allié qatari, il cherche activement à restaurer ses relations avec l’Egypte.

L’Egypte fait face à une insurrection jihadiste dans la péninsule du Sinaï, au sud de la bande de Gaza. Le Hamas est régulièrement accusé de laisser transiter des jihadistes et des armes entre Gaza et le Sinaï.

La frontière égyptienne a longtemps été vitale pour la bande de Gaza afin de contourner le blocus israélien. Mais les relations entre le Hamas et Le Caire se sont tendues après le renversement en 2013 de l’ancien président égyptien Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans, dont est issu le Hamas.

Depuis, l’Egypte maintient fermée quasiment en permanence la frontière avec Gaza. Elle a aussi fermé et détruit des centaines de tunnels de contrebande.

Israël, l’autre pays frontalier de la bande, maintient depuis des années un blocus du territoire pour isoler le Hamas et empêcher des attentats sur son territoire.