Cinq jours après la disparition des trois adolescents israéliens, l’Union européenne a officiellement publié mardi une déclaration condamnant l’événement et appelant à un retour rapide des adolescents.

Le communiqué fait suite à la critique implicite du Premier ministre Benjamin Netanyahu de l’Union européenne qui se précipite de condamner ce qu’elle considère être des violations israéliennes tout en retardant ses dénonciations du terrorisme palestinien.

« Nous condamnons dans les termes les plus forts l’enlèvement de trois étudiants israéliens en Cisjordanie et appelons à leur libération immédiate et à leur retour sain et sauf dans leurs familles ».

Cette déclaration a été publiée mardi par le Service d’action extérieure de l’UE basé à Bruxelles.

« De tels actes ne peuvent qu’ébranler les efforts internationaux visant à encourager une reprise des négociations de paix. Nous suivons de près les développements et restons en contact permanent avec nos homologues israéliens et palestiniens ».

« L’UE encourage la poursuite de la coopération étroite entre les services de sécurité israéliens et palestiniens pour assurer la libération rapide des personnes enlevées », peut-on lire dans la déclaration, qui ne cite pas la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, ou tout autre fonctionnaire, par son nom.

Eyal Yifrach, 19 ans, Naftali Frenkel, 16 ans, et Gil-ad Shaar, 16 ans, ont été enlevés jeudi soir au sud de Jérusalem. Les médias israéliens ont commenté abondamment l’enlèvement à partir de vendredi après-midi.

S’adressant à la presse lundi soir, Netanyahu a réprimandé l’UE pour son incapacité à condamner l’enlèvement, mais sans la mentionner de manière explicite.

« J’attends de toutes les instances responsables de la communauté internationale – dont certaines se précipitent pour nous condamner pour toute construction dans ce lieu ou pour la construction d’une terrasse à Gilo – de condamner fermement cet acte répréhensible et déplorable, l’enlèvement de trois jeunes », a-t-il déclaré après une consultation avec le commandement central de l’armée à Jérusalem.

« Quiconque s’oppose au terrorisme doit condamner le terrorisme partout où il est. J’attends que d’autres pays se joignent à ces condamnations et apportent leur soutien aux actes légitimes et nécessaires de l’Etat d’Israël pour se défendre ».

L’ambassadeur de l’UE à Israël, Lars Faaborg-Andersen, a tweeté vendredi après-midi qu’il était « profondément préoccupé » par les jeunes et « espérait leur retour en toute sécurité ».

S’adressant au Times of Israel dimanche, il a condamné l’enlèvement « dans les termes les plus forts possibles ». « Mes pensées sont avec les familles éprouvées des trois jeunes disparus et j’émets le voeu qu’ils soient retrouvés sains et saufs aussi rapidement que possible », a-t-il affirmé.

Faaborg-Andersen a visité mardi la ville d’Elad, la ville natale de Yifrach. Lors d’une réunion avec le grand rabbin sépharade de la ville, Mordechai Malka, il a exprimé « la ferme condamnation de l’UE » de cet enlèvement selon un communiqué.

« Nous sommes avec le peuple israélien en ces jours difficiles et apportons tout notre soutien à Israël alors que la recherche de trois continue. L’Union européenne a appelé à la libération immédiate et inconditionnelle de ces trois garçons – il est, franchement, méprisable que la vie des enfants soient mises en danger de cette manière ».

Le diplomate de l’UE a demandé au grand rabbin Malka de transmettre son inquiétude et son soutien aux familles et aux communautés des adolescents kidnappés. « Nos pensées sont avec les familles», selon le communiqué. « Nous espérons que leurs prières seront exaucées et que leurs enfants reviendront à la maison bientôt ».

L’Organisation des Nations Unies et plusieurs pays occidentaux ont condamné l’enlèvement et a appelé à la libération immédiate des jeunes hommes, dont le Canada, l’Espagne, les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France et d’autres.