Au milieu de la chorale des condamnations croissantes du nombre excessif de victimes civiles dans la bande de Gaza – il y a eu 172 morts au total, selon les estimations palestiniennes lundi – un commandant israélien de l’armée de l’air, qui a participé à des missions de combat tout au long de la semaine dernière, a affirmé que la vérification rapide des cibles potentielles et la vigilance aérienne de ses pilotes sur la possibilité de nuire à des civils est incomparable.

« Je ne pense pas qu’il y ait un équivalent quelque part dans le monde », a déclaré le lieutenant-colonel T, le commandant d’un escadron de F-16, le modèle le plus avancé de l’aéronef de l’armée de l’air. « Et je connais beaucoup d’autres forces aériennes ».

L’officier rejette l’idée que le protocole opérationnel de
« frappes sur le toit » – le lancement d’un leurre sur le toit d’une structure qui sert d’avertissement pour les civils – a limité le succès de l’opération de l’armée à Gaza.
« Je vois cela comme une source de
force », a-t-il déclaré.

Dans une déclaration dimanche, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a dénoncé « l’impact sur les familles palestiniennes de l’action militaire israélienne », notant, en outre que « trop de civils palestiniens ont été tués ».

L’opération en cours a commencé le 8 juillet avec en toile de fond l’enlèvement et l’assassinat de trois adolescents israéliens ; suivie de l’arrestation de centaines de personnes et d’agents du Hamas en Cisjordanie ; le meurtre, apparemment par des Juifs, d’un adolescent palestinien de Jérusalem-Est ; et les tirs constants de roquettes depuis la bande de Gaza, auxquels le Hamas a refusé de mettre fin.

Lundi dernier, Israël a bombardé un tunnel offensif creusé par le Hamas. L’organisation basée à Gaza a répliqué en lançant une salve de roquettes sur le sud d’Israël, brisant la trêve officieuse en vigueur depuis la fin de l’opération Pilier de défense, déclenchant une autre mini-guerre.

Jusqu’à présent, la campagne a essentiellement été menée dans les airs. Le Hamas et d’autres organisations ont tiré sans discernement des roquettes primitives sur les lieux de forte densité, blessant plusieurs Israéliens, dont deux qui ont succombé à une crise cardiaque provoquée par la peur.

L’armée israélienne a lancé des frappes technologiquement avancées et infiniment plus puissantes. Les cibles sont les agents terroristes, des roquettes, les lance-roquettes, et les maisons des terroristes du Hamas, qui servent également, selon l’armée, de centres de commandement et de contrôle pour cette organisation terroriste de plus en plus gérée comme une armée.

Les pilotes de l’armée de l’air israélienne, fer-de- lance israélien, ont lâché des bombes d’une tonne sur les positions ennemies intentionnellement placées au milieu des civils, augmentant le nombre de victimes civiles.

L’ancien conseiller à la sécurité nationale, Yaakov Amidror, a déclaré au Times of Israel, lundi, que selon ses estimations, le Hamas a réussi à conserver « environ 90 % » de ses réserves de roquettes. Il justifie son estimation par le fait que l’armée de l’air n’a pas les renseignements nécessaires pour localiser les caches et si les caches avaient été touchées, cela aurait « causé des dommages collatéraux massifs ».

Pour le lieutenant-colonel T, l’opération se déroule « parfaitement bien ». Il a déclaré que la banque de données des cibles n’est pas épuisée et que « très peu » de cibles ont été touchées une seconde fois.

Les pilotes de l’escadron the Knights of the Orange Tail [des Chevaliers de la queue orange], le 107ème escadron, explique-t-il, ont reçu des cibles qui ont été soigneusement étudiées par le quartier général de l’armée de l’air. Les pilotes sous son commandement ont pleinement conscience de la nature de leur cible.

Ils sont ensuite informés des contraintes et des considérations morales d’une lutte contre un ennemi qui se mélange à la population civile. Un brusque changement de circonstance, tels que l’apparition de civils sur ou près de la cible, signifie que la mission est immédiatement annulée, a-t-il affirmé. « Je peux le dire catégoriquement, si le moindre doute existe, ils ne tirent
pas ».

Le commandant de l’escadron explique que lui et les autres pilotes dorment « peu », quelques heures ici et là.

Le fait que les tirs de roquettes couvrent de larges régions d’Israël signifie que la « bataille est également à la maison », déclare-t-il. Néanmoins, malgré le fait que, d’en haut, le point de vue des pilotes leur permet de souvent voir les tirs de roquettes en direction de leurs maisons, « nous faisons tout notre possible pour éviter de nuire à ceux qui n’ont rien à voir » avec la cible.

Les terroristes basés à Gaza ont tiré plus de 1 000 roquettes sur Israël ; l’armée de l’air a répondu par une offensive aérienne qui, à l’heure actuelle, est presque deux fois plus intense que l’opération Pilier de défense de novembre 2012.

En parlant de la destruction sur le sol de Gaza, le lieutenant-colonel T, qui a combattu pendant la deuxième guerre du Liban, Plomb durci et Pilier de défense, a déclaré que la dévastation semble pire cette fois-ci. « Je vois ce qui se passe d’en haut »,explique-t-il.

« Et je ne voudrais pas être un homme du Hamas en bas ».