Douze personnes, dont deux policiers, sont mortes mercredi lors d’une attaque à la kalachnikov et au lance-roquette menée par au moins deux hommes cagoulés au siège du journal satirique Charlie Hebdo à Paris, selon un bilan provisoire.

Le président François Hollande devait se rendre sur place dans la journée et une réunion de crise a été convoquée à la présidence à 13H00, a annoncé l’Elysée.

La France a relevé son niveau d’alerte dans la région parisienne au maximum, dit « alerte attentat », ont précisé les services du Premier ministre.

Les dessinateurs Charb, Cabu, Wolinski et Tignous ont été tués dans l’attaque, selon une source judiciaire contactée par Le Monde.

Des hommes armés ont fait au moins 12 morts et quatre blessés en attaquant mercredi à Paris les locaux de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, une attaque d’inspiration islamiste et sans précédent, aussitôt dénoncée comme un « attentat terroriste » par le président François Hollande.

C’est l’attentat le plus meurtrier commis en France depuis au moins 40 ans.

Le président français, qui s’est rapidement rendu sur les lieux, s’est ému de l' »exceptionnelle barbarie » de l’attaque, et appelé à « l’unité nationale ».

Le sort et l’identité des auteurs de la fusillade n’étaient pas connus à la mi-journée. Selon des témoins cités de source policière, ils ont crié « nous avons vengé le prophète! » avant de réussir à prendre la fuite dans Paris.

Selon une source proche de l’enquête, l’attaque s’est déroulée « vers 11H30 » , lorsque « deux hommes armés d’une kalachnikov et d’un lance-roquette, ont fait irruption au siège du journal » Charlie Hebdo, dans le centre de la capitale. « Un échange de feu a eu lieu avec les forces de l’ordre », a-t-elle déclaré.

En quittant les lieux, les deux agresseurs ont blessé par balle un policier. Ils ont ensuite braqué un automobiliste dans le nord-est de Paris et percuté un piéton.

« J’ai entendu des coups de feu, j’ai vu des gars cagoulés qui sont partis en voiture », a déclaré à l’AFP Michel Goldenberg, un voisin qui a son bureau dans la même rue que Charlie Hebdo, dans le 11e arrondissement de Paris.

Un autre voisin, Bruno Leveillé, a raconté à l’AFP avoir entendu « une trentaine de coups de feu pendant une dizaine de minutes ».

Claude Bartolone, président socialiste de l’Assemblée nationale française a dénoncé une « horreur absolue après l’attaque de Charlie Hebdo », une condamnation reprise aussi par des membres de l’opposition de droite.

Sans que l’on sache s’il y a un lien avec cette attaque, Charlie Hebdo a fait la Une de son dernier numéro paru ce mercredi sur la sortie de Soumission, nouveau roman controversé de l’écrivain Michel Houellebecq, l’un des auteurs français les plus connus à l’étranger.

Ouvrage de politique fiction, le livre brosse le portrait d’une France islamisée en 2022, après l’élection d’un président de la République musulman.

« Les prédictions du mage Houellebecq : en 2015 je perds mes dents… En 2022 je fais Ramadan ! », fait dire à un Houellebecq caricaturé l’édition de Charlie Hebdo parue mercredi.

L’hebdomadaire satirique a été menacé à de nombreuses reprises depuis la publication de caricatures de Mahomet en 2006.

En novembre 2011, le siège de Charlie avait été détruit dans un incendie criminel, déjà qualifié d' »attentat » par le gouvernement de l’époque.

En 2013, un jeune homme de 24 ans avait été condamné à de la prison avec sursis pour avoir appelé sur internet à décapiter le directeur de Charlie Hebdo après la publication de caricatures de Mahomet.

Les locaux du quotidien Le Figaro ont été fermés.

Selon Christophe Deloire, Secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), les assaillants ont tout d’abord attaqué le numéro 6 de la rue puis se sont rendus au numéro 10, au deuxième étage. Le journal se situe rue Nicolas-Appert dans le 11e arrondissement de Paris.

Le Premier ministre anglais David Cameron dénonce l’attaque « révoltante » contre les locaux de Charlie Hebdo.

Condamnations

L’Espagne a condamné mercredi « l’acte terroriste vil et lâche » contre l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo et défendu la liberté de la presse comme « un droit fondamental ».

« Nous recevons avec horreur les nouvelles de l’acte terroriste vil et lâche perpétré aujourd’hui contre le siège de l’hebdomadaire français Charlie Hebdo à Paris », déclare le gouvernement espagnol dans un communiqué.

« Le gouvernement, au nom du peuple espagnol, exprime sa condamnation la plus ferme » de cette attaque.

L’Espagne « défend aujourd’hui avec plus de force que jamais la liberté de la presse comme un droit fondamental et irrévocable », ajoute le texte.

La chancelière allemande Angela Merkel condamne un « attentat abominable », tandis que la Maison Blanche le dénonce « dans les termes les plus forts. »

Jean-Claude Juncker (Crédit : CC BY 2.0/Wikimedia commons)

Jean-Claude Juncker (Crédit : CC BY 2.0/Wikimedia commons)

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a condamné comme un « acte intolérable et une barbarie » l’attaque.

« Je suis profondément choqué par l’attaque brutale et inhumaine qui a frappé les locaux de Charlie Hebdo. C’est un acte intolérable, une barbarie qui nous interpelle tous en tant qu’êtres humains et Européens », a réagi M. Juncker, cité par un communiqué.

Le Kremlin « dénonce fermement le terrorisme » après l’attentat à Paris. Le président russe, Vladimir Poutine, a dénoncé le terrorisme « sous toutes ses formes » après l’attentat, selon son porte-parole cité par l’agence de presse Tass.

La Russie « condamne fermement le terrorisme sous toutes ses formes », a déclaré le porte-parole, Dmitri Peskov. « Nous sommes convaincus à Moscou que rien ne peut justifier des actes terroristes », a-t-il ajouté, cité par Tass.

Le président russe « présente ses condoléances aux proches des victimes, ainsi qu’aux Parisiens et à tous les Français », a ajouté le porte-parole selon la même source.

« Nous avons la conviction que la lutte contre le terrorisme est impossible sans coopération multilatérale », a encore déclaré le porte-parole de Vladimir Poutine, dont les relations avec ses homologues occidentaux sont au plus bas.

Niveau de sécurité élevé

Toutes les sorties et activités hors des établissements scolaires ont été annulées après l’attentat à Charlie Hebdo, annonce le rectorat, selon Le Parisien.

L’UOIF condamne de la manière la plus ferme cette attaque criminelle et ces horribles meurtres. L’UOIF présente toutes ses condoléances aux familles ainsi qu’à tous les salariés de Charlie hebdo, peut-on lire sur son site.