L’épicerie casher se situe au 23 Avenue de la Porte de Vincennes, dans le 20e arrondissement de Paris, à l’est de Paris, à proximité du périphérique – qui est coupé dans les deux sens.

France Info a rapporté que le tireur disposait de deux fusils AK-47, et a tiré pendant environ 20 secondes avant de prendre au moins cinq otages. Il a ensuite téléphoné à la police pour prendre contact et signaler ses actes.

Il y aurait entre cinq et six otages, selon un témoin cité à la radio France Info.

Il s’agit d’un homme d’origine africaine de 32 ans, Amedy Coulibaly, déjà recherché par les services de police. Le domicile des parents à Grigny de l’homme a été perquisitionné et de la documentation djihadiste y a été trouvée.

Amedy Coulibaly connaît Chérif Kouachi, un des deux frères accusés du carnage de Charlie Hebdo, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier. Ils se seraient rencontrés dans la filière de djihadistes située à la Butte Chaumont, qui a envoyé plusieurs hommes au djihad en Irak.

Selon BFMTV, l’homme serait arrivé accompagné d’une femme âgée de 26 ans, qui serait Hayat Boumeddiene.

Zone sécurisée

Une file d’hommes lourdement armés, en tenue d’intervention, progresse en file indienne derrière un bouclier pare-balles, en direction de l’épicerie casher.

« Tout le monde dégage, tout le monde dégage, c’est votre vie », hurle un policier à des passants, près de l’épicerie casher où au moins deux personnes ont été tuées lors d’une prise d’otages, vendredi à l’est de Paris.

« S’il arrive, c’est un carnage », soupire un policier en gilet pare-balle et casque, chargé de faire reculer les curieux, près de la Porte de Vincennes.

Le périmètre est sécurisé. Les habitants ne sont pas paniqués. Les magasins du quartier juif de la rue des Rosiers ont été presque tous fermés, après un ordre de la police, rapporte Le Figaro.

Les élèves des établissements scolaires (maternelles, écoles et lycées) sont confinés.

Les rues du quartier sont totalement désertes, certains habitants ont fermé leurs volets. Les accès sont bouclés par les forces de sécurité, sur les dents, qui ne laissent passer que des dizaines de véhicules de police et des camions de pompiers.

Dans une rue adjacente, plusieurs personnes, dont un homme portant une kippa, attendent, inquiets. « Y a des gens qu’on connait » dans l’épicerie, lance l’un d’eux, très nerveux.

« C’est un drame. Ça veut dire quoi, nous les Juifs de France, on doit partir en Israël ? »: Ilan, 20 ans, kippa sur la tête, observe avec deux copains le déploiement des policiers. Il habite juste à côté de l’épicerie. « Mon père y était encore ce midi, il m’a dit : ‘Ilan, tu veux un poulet pour Shabbat ?' »

« On fait tous nos courses là-bas, c’est notre supermarché », confirme un de ses amis.

Derrière eux, des hommes et des femmes en état de choc sont exfiltrés par des policiers, alors qu’un hélicoptère se maintient en vol stationnaire au-dessus du secteur.

Dans les établissements scolaires du quartier, les élèves sont confinés. Au lycée Maurice Ravel, des adolescents pleurent. A quelques centaines de mètres de là, les surveillants ont fait rentrer au pas de course les élèves d’un autre établissement, le lycée Hélène-Boucher: « On ferme les portes », crie une surveillante.

Tenus à distance par un barrage de policiers, des parents demandent, désespérément mais en vain, à récupérer leurs enfants. Le périmètre de sécurité est régulièrement agrandi. Le boulevard périphérique parisien a été coupé dans les deux sens à proximité de la prise d’otages.

Trois jeunes, qui se présentent comme musulmans, ne comprennent pas ce qu’il se passe. « Ici, on vit avec les feujs (juifs en verlan, ndlr) depuis toujours, on était à l’école ensemble, on joue au foot avec eux. Y a des tensions parfois, mais on joue dans les même équipes », assure Karim, la vingtaine, blouson et survêtement noirs.

« Les juifs portent la kippa sans problème ici », poursuit-il, à deux pas d’une synagogue.

Au huitième étage d’un immeuble, une famille d’origine africaine regarde la télévision. De leur balcon, on voit un bout de l’épicerie, mais ils ont trop peur d’y aller. « On n’est plus en sécurité en France », dit le fils…

Beaucoup de forces déployées : pompiers et CRS ; un hélicoptère vole au-dessus de la zone.

Les forces spéciales sont en train d’arriver. Une voiture de déminage et le SAMU sont arrivées sur place.

Il y aurait aussi un blessé par balles.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, s’est déplacé sur les lieux de la prise d’otage, à la demande du président François Hollande. Il a rejoint la réunion de crise plus tard, pour ensuite revenir sur la zone de la prise d’otages.

— Le Figaro (@Le_Figaro) January 9, 2015

Appel à témoins diffusé

Un appel à témoins avec les photos d’un homme et d’une femme, recherchés dans l’enquête sur la mort d’une policière jeudi près de Paris lors d’une fusillade, a été diffusé vendredi par la police.

Ces personnes « susceptibles d’être armées et dangereuses », sont Amedy Coulibaly, 32 ans, et Hayat Boumeddiene, 26 ans. Un homme, lourdement armé, a tué jeudi matin une policière à Montrouge et blessé un employé municipal. Il est soupçonné d’avoir un lien avec deux djihadistes français accusés de l’attentat contre le journal Charlie Hebdo mercredi.

Israël exprime son inquiétude devant « l’offensive terroriste » en France

Israël a exprimé vendredi son inquiétude devant « l’offensive terroriste » qui se déroule en France avec la prise d’otages en cours dans un supermarché casher de Paris.

« Israël suit avec inquiétude la situation à Paris », a indiqué le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Liberman dans un communiqué, « l’offensive terroriste en cours depuis trois jours ne vise pas seulement le peuple français ou les juifs de France mais tout le monde libre ».

Quand le FN ose récupèrer la situation