La Fédération des communautés juives tchèques s’oppose fermement à l’éventuelle venue du président russe Vladimir Poutine à Prague en janvier, pour des cérémonies du 70e anniversaire de la libération du camp de concentration nazi d’Auschwitz, a-t-on appris samedi à Prague.

Invité par son homologue tchèque Milos Zeman, le chef de l’Etat russe n’a jusqu’à présent ni confirmé ni infirmé sa présence aux commémorations organisées par le Congrès européen juif, les 26 et 27 janvier à Prague et à Terezin (Theresienstadt).

La Fédération des communautés juives tchèque « considère comme inopportune la visite du président Poutine à Prague à l’occasion de la Journée de mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité », lit-on dans un communiqué publié à Prague.

« Le régime instauré et incarné par Vladimir Poutine ne respecte pas les accords internationaux, fait preuve d’agressivité à l’extérieur et occupe par la force le territoire d’un Etat voisin », poursuit le texte.

Ces commémorations comprendront le forum « Let My People Live » à Prague et un acte de piété dans l’ancien ghetto nazi de Terezin (ex-Theresienstadt) auquel ont été invités des représentants de 47 pays.

De nombreux responsables ont confirmé leur présence à ces commémorations, dont le chef de la Commission européenne Claude Juncker et les présidents ou vice-présidents des Parlements de 23 pays. Le président ukrainien Petro Porochenko devrait également y assister. Le président américain Barack Obama s’est excusé et ne s’y rendra pas.

Quelque 1,1 million de personnes, dont environ un million de Juifs de différents pays d’Europe, ont péri entre 1940 et 1945 dans le camp d’Auschwitz-Birkenau installé par l’Allemagne nazie dans le sud de la Pologne occupée.