La députée Clémentine Autain (La France insoumise) a qualifié lundi d' »étrange » l’invitation de Benjamin Netanyahu à la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, jugeant qu’elle n’était « pas de nature à clarifier la position de la France » dans le conflit israélo-palestinien.

« Benjamin Netanyahu est un homme de droite et d’extrême droite. C’est un homme qui met en place une stratégie de colonisation renforcée et qui n’est certainement pas l’homme qui permettra d’aboutir à un accord de paix dans cette région », a déclaré sur RFI Clémentine Autain, élue de Seine-Saint-Denis, qui trouve cette visite « particulièrement étrange » et « pas de nature à clarifier la position de la France ».

Emmanuel Macron a invité dimanche le Premier ministre israélien à la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, avant de le recevoir chaleureusement à l’Élysée.

C’est la première fois qu’un dirigeant israélien assiste à ces commémorations. Netanyahu a qualifié ce geste de « très très fort ».

Les chefs d’états français et israélien ont commémoré ensemble les victimes de la rafle du Vel d’HIv. C’est la première fois qu’un dirigeant israélien y est présent.

Benjamin Netanyahu et Emmanuel Macron au 75e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv, le 16 juillet 2017 (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Kamil Zihnioglu)

Benjamin Netanyahu et Emmanuel Macron au 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet 2017 (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Kamil Zihnioglu)

Le 16 juillet et les jours suivants, à la demande des Allemands, plus de 13 000 Juifs – dont 4 115 enfants – sont arrêtés à leur domicile à Paris et en banlieue, par 9 000 fonctionnaires français, dont environ 5 000 policiers sous les ordres de René Bousquet, chef de la police de Vichy.

Cette rafle représente néanmoins à elle seule plus du quart des 42 000 Juifs envoyés de France à Auschwitz en 1942, dont seuls 811 reviendront chez eux après la fin de la guerre.

« Son cher Bibi » et Emmanuel Macron se sont entretenus pendant plus d’une heure sur la reprise des pourparlers entre les Israéliens et les Palestiniens pour travailler à la mise en place d’une solution à deux états, sur le programme nucléaire iranien, sur l’armement du Hezbollah dans le sud Liban ainsi que la guerre qui sévit en Syrie.

Clémentine Autain a également trouvé « curieuse » la venue du président des États-Unis Donald Trump pour les festivités du 14 juillet à Paris.

(Depuis la gauche) Melania Trump, Donald Trump, Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron à Paris le 14 juillet 2017. (Crédit : AFP/CHRISTOPHE ARCHAMBAULT)

(Depuis la gauche) Melania Trump, Donald Trump, Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron à Paris le 14 juillet 2017. (Crédit : AFP/CHRISTOPHE ARCHAMBAULT)

« Qu’Emmanuel Macron souhaite discuter avec Donald Trump, bien évidemment, comme avec Poutine, comme avec tout le monde, mais il pose des actes symboliques qui ne sont pas de nature à faire vivre la paix, la justice sociale. Je ne crois pas que ce soit des interlocuteurs privilégiés », a-t-elle dit.

Depuis le début de son mandat, Emmanuel Macron a reçu successivement Vladimir Poutine à Versailles le 30 mai, Donald Trump, invité d’honneur du défilé du 14 juillet, et Benjamin Netanyahu pour la commémoration de la Rafle du Vel d’Hiv.

Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, accueilli par le président français Emmanuel Macron  à son arrivée au château de Versailles, le 29 mai 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)

Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, accueilli par le président français Emmanuel Macron à son arrivée au château de Versailles, le 29 mai 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)