Le Parlement autrichien a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi une loi d’expropriation de la maison natale d’Hitler, ouvrant la voie à une profonde modification architecturale, voire à une destruction, de ce bâtiment attirant régulièrement des néo-nazis.

La loi, adoptée à la quasi-unanimité des députés, est destinée à mettre fin à un long différend entre l’Etat et la famille propriétaire de ce bâtiment du 17e siècle situé dans le centre de Braunau-am-Inn, à la frontière allemande.

Louée par l’Etat depuis 1972 afin d’en contrôler l’usage, l’imposante bâtisse jaune où le dictateur est né en 1889 a longtemps abrité un centre pour handicapés, une catégorie de la population qui avait été victime du régime nazi.

Depuis 2011 cependant, les propriétaires ont opposé leur veto à tout nouvel usage du bâtiment. Resté inoccupé depuis lors, celui-ci attire fréquemment des néo-nazis nostalgiques du IIIe Reich.

Vienne doit désormais décider du devenir des lieux.

En octobre, le ministre de l’Intérieur Wolfgang Sobotka avait annoncé le lancement d’un concours d’architectes à ce sujet.

Il avait fait part de son souhait à titre personnel que la maison soit détruite, une option qui ne fait toutefois pas l’unanimité concernant cette bâtisse classée.

En tout état de cause, le bâtiment ne devra « plus [pouvoir] être identifié dans sa forme extérieure », et sera destiné à accueillir une administration ou une institution à caractère social, selon le gouvernement.