WASHINGTON – Une délégation palestinienne à Washington a déclaré aux fonctionnaires du département d’Etat américain qu’ils étaient toujours engagés envers « une solution négociée à deux états », même s’ils pourraient avancer une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies dans les prochaines semaines, ce qui diminuerait les possibilités de négociations de paix.

Saeb Erekat, négociateur palestinien en chef, et Majed Faraj, directeur des services de renseignements généraux de l’Autorité palestinienne (AP), ont rencontré mardi le secrétaire d’Etat John Kerry. L’entretien s’est concentré sur le processus de paix et la menace croissante d’instabilité régionale causée par le groupe terroriste Etat islamique.

Pendant cette réunion, les Palestiniens ont réaffirmé leur « engagement de longue date à la non violence, et répété leur engagement envers une solution négociée à deux états », selon un communiqué conjoint.

Une solution à deux états est « le seul moyen de parvenir à une paix durable qui répond aux besoins sécuritaires israéliens et palestiniens, et aux aspirations palestiniennes à un état et à la souveraineté, de mettre fin à l’occupation qui a commencé en 1967, et de résoudre tous les sujets du statut permanent », peut-on lire dans le communiqué.

Les Palestiniens ont également rencontré Stuart Jones, vice-secrétaire d’Etat chargé du Proche Orient, et Susan Rice, conseillère à la sécurité nationale.

Ces rencontres ont lieu à un moment où les Palestiniens prévoient d’initier une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies critiquant la construction dans les implantations de Cisjordanie. Ils espèrent que les Etats-Unis n’utiliseront pas leur veto, comme ils l’ont fait dans le passé. Ils devraient déposer cette résolution avant la fin du mandat du président Barack Obama, le 20 janvier 2017.

Le Secrétaire d'Etat américain John Kerry, fait une déclaration sur la Syrie au département d'Eta,t à Washington, D.C., le 15 mars 2016. (Crédit : Jim Watson/AFP)

Le Secrétaire d’Etat américain John Kerry, fait une déclaration sur la Syrie au département d’Eta,t à Washington, D.C., le 15 mars 2016. (Crédit : Jim Watson/AFP)

Le communiqué ne mentionnait pas la possibilité d’une résolution. Quand il a été interrogé à ce sujet pendant une conférence de presse, John Kirby, porte-parole du département d’Etat, a cependant déclaré qu’en ce qui concerne toute action potentielle à l’ONU sur le conflit israélo-palestinien, « rien n’a changé dans notre opinion à ce sujet. »

Depuis des années, les Etats-Unis affirment que toute résolution du conflit doit provenir de négociations directes entre les parties, et ne pas être imposée de l’extérieur.

Israël s’oppose également à toute résolution qui imposerait une solution, affirmant qu’il préfère négocier directement un accord final. Le vote d’une résolution du Conseil de sécurité pourrait éloigner les perspectives de négociations directes, selon certains analystes.

Les Palestiniens avaient également annoncé qu’ils souhaitaient rencontrer des membres de l’équipe de transition du président élu Donald Trump pendant leur séjour aux Etats-Unis, mais il n’y a eu aucune confirmation publique d’une telle réunion.

Cette semaine, il a été annoncé que Trump prévoyait déjà le déplacement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, et la directrice de campagne de Trump, Kellyanne Conway, a déclaré que c’était une « très grande priorité pour lui ».

Les Palestiniens s’opposent depuis longtemps au déplacement de l’ambassade, et depuis 1967, la politique américaine a été que le futur statut de Jérusalem devait être laissé aux négociations finales, puisque Israéliens et Palestiniens revendiquent la ville comme capitale.