Une campagne de bombardements intensifs dans la bande de Gaza a ciblé mercredi des positions stratégiques du Hamas, perçues comme importantes pour les opérations du groupe, selon un responsable militaire. Il a également affirmé qu’Israël continuerait à frapper le groupe terroriste au pouvoir en réponse aux attaques de roquettes menées par d’autres organisations depuis l’enclave palestinienne.

Les frappes, deux douzaines de bombardements selon certaines informations, ont été déclenchées après un tir de missile venu de Gaza et qui est tombé dans une rue de la ville israélienne de Sdérot, entraînant des dommages matériels et envoyant trois personnes souffrant de crises d’angoisse à l’hôpital.

Un groupe salafiste marginal a revendiqué le tir de roquette.

L’armée n’a pas précisé officiellement quels sites du Hamas avaient été frappés lors des représailles. Dans un communiqué, l’armée israélienne a simplement déclaré que son aviation avait ciblé « un certain nombre d’installations terroristes appartenant au groupe terroriste du Hamas. »

Un responsable militaire, qui s’est entretenu jeudi avec le Times of Israël sous couvert de l’anonymat, a déclaré que les frappes visaient « des infrastructures stratégiques cruciales du Hamas », sans donner plus de précisions.

Cette déclaration a marqué un changement vis-à-vis des autres représailles israéliennes, qui étaient quant à elles souvent une réponse du tac-au-tac, et qui ciblaient des sites peu importants du Hamas.

Selon les médias palestiniens, les avions israéliens ont frappé les quartiers al-Tufah et Chajaya de Gaza Ville, au nord de la bande, et la ville de Khan Younis, dans le sud. Il n’y aurait pas de blessé palestinien.

Plusieurs bombardements ont frappé des champs et des camps de formation du Hamas, selon des articles gazaouis.

La fumée monte dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, après une frappe militaire israélienne suite à un tir de roquette sur la ville de Sdérot, le 5 octobre 2016. (Crédit : AFP/Jack Guez)

La fumée monte dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, après une frappe militaire israélienne suite à un tir de roquette sur la ville de Sdérot, le 5 octobre 2016. (Crédit : AFP/Jack Guez)

Les frappes de mercredi se sont déroulées en deux temps. La première a eu lieu environ une heure après le tir de la roquette, quand un tank israélien situé à la frontière de la bande de Gaza a tiré des mortiers sur un site du Hamas au nord de la bande, a annoncé l’armée. La seconde, plus intensive, a eu lieu environ trois heures après.

Selon les médias palestiniens, quelque 25 bombes ont été lâchées par l’armée de l’air. L’armée n’a cependant pas confirmé ce chiffre.

Les bombardements de mercredi étaient essentiellement une redite de ceux du mois d’août, au cours desquels l’armée de l’air avait lâché près de 50 bombes sur une poignée de cibles dans la bande de Gaza.

Les démineurs de la police sortent un morceau de la roquette tirée depuis la bande de Gaza qui a atterri sur une route de Sdérot, le 5 octobre 2016. (Crédit : police israélienne)

Les démineurs de la police sortent un morceau de la roquette tirée depuis la bande de Gaza qui a atterri sur une route de Sdérot, le 5 octobre 2016. (Crédit : police israélienne)

Puisque le mode opératoire d’Israël a consisté à ne mener des frappes aériennes qu’en réponse aux tirs de roquettes venues de Gaza, l’attaque de mercredi, comme celle du mois d’août, a permis à Israël de viser des infrastructures qu’elle n’aurait sinon pas pu atteindre.

« Nous saisissons une opportunité qui consiste à la fois à envoyer un message et à tester certaines de nos capacités », avait déclaré un responsable du Commandement militaire du Sud à propos des bombardements du mois d’août, en restant délibérément vague sur ces capacités.

Le responsable parlait spécifiquement des représailles du mois d’août, mais le même constat s’applique aux bombardements de mercredi, a déclaré un responsable militaire.

Bien qu’un groupe salafiste affilié à l’Etat islamique, Ahfad al-Sahaba-Aknaf Bayt al-Maqdis, ait revendiqué le tir de roquette de mercredi, les bombes ont été lâchées sur des sites du Hamas.

La position de l’armée a été de tenir le Hamas, qui règne sur la bande de Gaza, pour responsable de tout tir de roquette gazaoui, quelle que soit son origine, et ne semble pas avoir changé, selon le responsable militaire.

Une jeune palestinienne sort en courant de chez elle dans le quartier de Shejaiya, à l'est de Gaza Ville, après une frappe de représailles israélienne, le 5 octobre 2016. (Crédit : AFP/Mohammed Abed)

Une jeune palestinienne sort en courant de chez elle dans le quartier de Shejaiya, à l’est de Gaza Ville, après une frappe de représailles israélienne, le 5 octobre 2016. (Crédit : AFP/Mohammed Abed)

L’armée tient la même politique vis-à-vis des tirs « perdus » en provenance de Syrie, frappant les positions militaires d’Assad en réponse à tout obus ou roquette qui frapperait Israël.

Cependant, pendant le dernier incident en Syrie, l’armée israélienne a souligné que bien qu’elle tienne le régime d’Assad pour responsable, elle « n’hésitera pas à agir contre toutes les forces d’opposition en Syrie. »

Ceci ne semble pas s’appliquer à la bande de Gaza, où Israël continue de ne cibler que le Hamas pour tous les tirs de roquette émanant de la bande, a déclaré le responsable militaire.

La fumée monte depuis l'est de Gaza Ville après une frappe militaire israélienne sur une position du Hamas, en représailles après un tir de roquette, le 5 octobre 2016. (Crédit : AFP/Mahmud Hams)

La fumée monte depuis l’est de Gaza Ville après une frappe militaire israélienne sur une position du Hamas, en représailles après un tir de roquette, le 5 octobre 2016. (Crédit : AFP/Mahmud Hams)

« Le Hamas est responsable de ce qu’il se passe à Gaza. La réponse est calculée et envoie un message clair au Hamas : ils ont beaucoup à perdre », a-t-il déclaré.

En frappant le Hamas en réponse à tous les tirs, Israël espère forcer le groupe terroriste à agir comme le shérif de Gaza, en empêchant les groupes plus extrémistes de l’enclave palestinienne à tirer des roquettes contre l’Etat juif.

« Si vous êtes responsables, vous êtes responsables. C’est la politique [de l’armée] », a ajouté le responsable.

Mes deux dernières attaques à la roquette qui ont frappé Sdérot, celle de mercredi et une en août, auraient été menées par le même groupe salafiste, dont des membres ont déjà été arrêtés par le Hamas.

Le groupe a affirmé dans un communiqué que l’attaque à la roquette contre Israël était une réponse à l’arrestation de cinq de ses membres par le Hamas.

Bien qu’Israël dise que le Hamas coopère avec des groupes liés à l’Etat islamique à Gaza, le Hamas aurait également cherché à réprimer les plus petits groupes salafistes dans la bande, qui pourraient défier son autorité.

Ces groupes sont connus pour tirer des roquettes sur Israël pour attirer la puissance de feu bien plus supérieure de l’armée israélienne contre le Hamas.

Des Israéliens assis devant leur maison à Sdérot, près du site d'impact d'une roquette tirée depuis la bande de Gaza, le 5 octobre 2016. (Crédit : AFP/Jack Guez)

Des Israéliens assis devant leur maison à Sdérot, près du site d’impact d’une roquette tirée depuis la bande de Gaza, le 5 octobre 2016. (Crédit : AFP/Jack Guez)

Peter Lerner, porte-parole de l’armée israélienne, a déclaré dans un communiqué que la roquette était le « résultat direct de l’agenda terroriste du Hamas dans la bande de Gaza, qui encourage les attaques délibérées contre des civils israéliens. »

En plus d’avoir envoyé trois personnes à l’hôpital pour des crises d’angoisse, la roquette a entraîné des dommages matériels dans la rue où elle est tombée, ainsi que sur plusieurs maisons et voitures avoisinantes.

Les démineurs de la police avaient été appelés sur place, et la zone avait été fermée aux piétons et à la circulation, avait annoncé la police.