Avec un large soutien bipartisan, le Canada se tient prêt à rejeter le boycott, sanctions et désinvestissement (BDS) contre Israël.

Les libéraux, qui ont une majorité de sièges à la Chambre des communes, ont déclaré que le parti allait soutenir une motion d’opposition introduite jeudi demandant à la Chambre des communes à rejeter formellement les buts du mouvement BDS.

La requête a été introduite par deux députés conservateurs du parlement. Le New Democratic Party et le Green Party ont indiqué qu’ils s’opposaient à la motion. Le vote est fixé à lieu le lundi, ont rapporté les médias canadiens.

« Cela n’est pas une question partisane », a déclaré Tony Clement, le critique des conservateurs des Affaires étrangères, en menant le débat. Il a qualifié le BDS de forme de discrimination « tout comme les boycotts qui ont ciblé les Juifs à travers l’histoire ».

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion (Crédit : CC BY 2.0 Chris Slothouber / Wikipedia)

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion (Crédit : CC BY 2.0 Chris Slothouber / Wikipedia)

Rejetant le mouvement BDS plus spécifiquement, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a déclaré : « le monde ne gagnera rien avec le boycott d’Israël mais se privera des talents de son inventivité », ajoutant que « nous devons lutter contre l’antisémitisme sous toutes ses formes ».

La motion stipule qu’ « étant donné que le Canada et Israël partagent une longue histoire d’amitié ainsi que des relations économiques et diplomatiques, la Chambre rejette le Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), qui favorise la diabolisation et la délégitimation de l’Etat d’Israël, et appelle le gouvernement à condamner toute tentative des organisations canadiennes, des groupes ou des individus de promouvoir le mouvement BDS, à la fois ici et à l’étranger ».

La proposition de loi canadienne intervient alors que de nombreuses initiatives condamnent et interdisent les tentatives de boycott d’Israël aux Etats-Unis – où les organes législatifs des États de New York, de la Pennsylvanie, de la Floride, de l’Alabama, du Tennessee et de l’Indiana ont adopté des résolutions anti- BDS – et en Europe.

Plus tôt cette semaine, le gouvernement de la Grande-Bretagne a annoncé son projet d’interdire le BDS. Si elle est adoptée, ces mesures feront de la Grande-Bretagne le deuxième pays européen avec les lois contre le boycott d’Israël.

Un Palestinien passe à côté d'une affiche prônant le boycott d'Israël dans la ville de Bethléem en Cisjordie le 11 février 2015 (Crédit photo : Miriam Alster/Flash90)

Un Palestinien passe à côté d’une affiche prônant le boycott d’Israël dans la ville de Bethléem en Cisjordie le 11 février 2015 (Crédit photo : Miriam Alster/Flash90)

La France a adopté ces lois en 2003, et ils ont servi de base pour de multiples condamnations de militants BDS qui ont été condamnés pour incitation à la discrimination ou à la haine en raison de leurs actions sur Israël.

Mardi, le Conseil de Paris a adopté deux motions déclaratives exprimant le rejet des tentatives de boycott d’Israël.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.