Avi Buskila sauvera-t-il la gauche israélienne, en perte continue de vitesse depuis la mort d’Yitzhak Rabin ?

Son discours novateur et inclusif, autant que son parcours personnel et son look, à des lieues de l’image du militant « genre Amos Oz » s’amuse Libération qui l’a interviewé, sont autant d’atouts qui invitent à garder un œil attentif sur le nouveau patron de « La Paix maintenant ».

Né de parents marocains, décoré par Benjamin Netanyhu, et en Une du New York Times, pour avoir sauté sur un terroriste juif voulant mitrailler la foule arabe à Hébron, le soldat Avi Buskila a fait son coming-out en 2006 après avoir combattu lors de la guerre de Gaza.

Il prône l’égalité réelle entre tous. A ce titre, il déterre le difficile passé des séfarades en Israël, un discours pas si fréquent dans une gauche israélienne dominée par l’intelligentsia ashkénaze : « Certains juifs orientaux étaient en Israël bien avant les Européens. Quand ces derniers sont arrivés, ils ont essayé de les européaniser. Et aujourd’hui, les enfants de ces mizrahim veulent retrouver leurs traditions, leur culture ».

Une position qui l’amène naturellement à la défense des Palestiniens : « Les Arabes me ressemblent bien plus que les Européens ou les Américains ! » clame-t-il.

Mais sa motivation politique principale est avant tout d’ordre social : « Je veux démontrer que la gauche n’aime pas les Palestiniens plus que les Israéliens : elle aime d’abord les Israéliens et c’est pour ça qu’elle veut la paix avec les Palestiniens. Nous sommes fiers de notre drapeau et de notre hymne national mais la priorité pour Israël est de cesser l’occupation des Territoires pour réinjecter l’argent mis dans les colonies dans les villes en développement, dans le social, l’éducation, l’accompagnement des soldats. »