Un ancien chef de l’agence de sécurité du Shin Bet a déclaré mardi qu’Israël a « de bonnes raisons d’être inquiet, voire très inquiet » au sujet d’un accord potentiel sur le nucléaire entre l’Iran et les puissances mondiales connues sous le nom du P5 + 1.

Avi Dichter, qui a également servi en tant que ministre de la Sécurité publique et qui a été réélu à la Knesset sous les couleurs du Likud, a déclaré au site d’informations Walla que l’accord ferait effectivement de l’Iran un État de seuil nucléaire. Il a également annoncé qu’Israël lancerait une frappe militaire si cela s’avérait être nécessaire.

Dichter a fait ses commentaires avant que l’information ne soit dévoilée mardi que Téhéran et le P5 + 1 se préparaient à délivrer une déclaration générale acceptant de poursuivre les négociations dans une nouvelle phase visant à parvenir à un accord global à la fin du mois de juin, selon l’AP.

Le Likud a souligné que la position régionale de l’Iran au Moyen-Orient est également troublante.

L’Iran est « sorti d’une position d’isolement, qui a perdu son axe nord – l’Irak, la Syrie et le Liban », a-t-il expliqué, et « devient soudainement le fils préféré de l’Occident en général et des Etats-Unis en particulier ».

Malgré les promesses du président américain Barack Obama, Dichter a poursuivi, « quand on étudie l’accord que nous voyons qu’il place effectivement l’Iran comme un État de seuil nucléaire… dans quelques mois, il sera en mesure de franchir ce seuil ».

Israël doit conserver la possibilité d’empêcher un accord en utilisant la force militaire si nécessaire, a ajouté Dichter. Si l’accord « prend peau et ligaments, alors Israël sera tenu, le jour venu, d’avoir les capacités offensives ainsi que défensives ».

Pendant la durée du mandat du Premier ministre Ehud Olmert, Dichter était le seul ministre à s’abstenir de voter pour une frappe sur un réacteur nucléaire syrien, selon le New Yorker.

Plus tôt, mardi un ancien chef de la branche du renseignement militaire de Tsahal a déclaré que l’accord nucléaire avec l’Iran qui se profile serait un « mauvais accord », s’il est en effet finalisé dans les termes qui ont été rendus publics.

Amos Yadlin (photo credit: Miriam Alster/Flash90)

Amos Yadlin (photo credit: Miriam Alster/Flash90)

Cependant, a déclaré Amos Yadlin dans une interview accordée à la radio israélienne, trois « principaux problèmes techniques » n’ont toujours pas trouvé un point de consensus par Téhéran et les P5 + 1 puissances – la recherche et le développement, les aspects militaires du programme nucléaire de l’Iran, et l’expédition du matériel fissile à un pays tiers.

« Sans l’exportation des 7 à 8 tonnes d’uranium faiblement enrichi, les Américains n’auront pas atteint le but qu’ils s’étaient fixés », à savoir, celui de maintenir l’Iran à un an d’obtenir suffisamment de carburant pour fabriquer une arme nucléaire, explique Yadlin, le choix de l’Union sioniste pour le poste du ministre de la Défense au cours de ces dernières élections, qui dirige actuellement l’Institut d’études de la sécurité nationale à Tel Aviv.

Yadlin avait certaines critiques sur la façon dont Israël par le biais de son Premier ministre Benjamin Netanyahu a géré les désaccords avec les États-Unis au cours des négociations sur le nucléaire.

« Nous avions besoin de nous asseoir avec les Américains et de discuter de ce que sont les paramètres qui définissent [ce que signifie être à] une année de l’arme nucléaire. Qu’est-ce que les Américains veulent dire quand ils affirment ‘Pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord ?’ Ces choses n’ont pas été faites avec les Américains. Quel est le moyen de vérifier que les Iraniens, qui sont connus pour violer les accords, ne brisent ou ne rompent pas l’accord ».

« Et à mes yeux la chose la plus importante pour un accord entre Israël et les États-Unis est de savoir quelle sera la réponse des États-Unis et quel soutien accorderont-il aux réactions israéliennes, s’il y a violation de l’accord ? »

Mais Yadlin a indiqué que le mécontentement avec l’administration Obama a forcé les Etats-Unis à durcir ses positions.

Les critiques des partenaires arabes, et la potentielle course au nucléaire dans le monde arabe, ont été des facteurs importants, comme la contestation publique des experts nucléaires qui généralement ne critiquent pas Obama.

L’avance des rebelles Houthis soutenus par l’Iran au Yémen a également affecté la position américaine, ajoute Yadlin.

Obama a compris que sans la menace d’une nouvelle législation sur des sanctions au Congrès, les Iraniens continueraient à présenter de nouvelles exigences, soutient Yadlin.

Yadlin a passé 33 ans dans l’armée de l’air israélienne, y compris à la tête de la direction du Renseignement de Tsahal et comme attaché militaire d’Israël à Washington.

L’ancien pilote de chasse, l’un des huit qui ont attaqué le réacteur Osirak en Irak en 1981, a déclaré qu’il y avait « beaucoup d’alternatives entre un mauvais accord et une action militaire », telles que de nouvelles sanctions plus sévères et des actions secrètes.

Après 18 mois de négociations tortueuses, les ministres des Affaires étrangères de l’Iran et du P5 + 1 sont en négociations pour tenter de parvenir à un accord pour mettre fin à l’impasse qui menace de dégénérer dangereusement depuis 12 ans, avec une date butoir, qui s’approche à grand pas, pour un accord préliminaire fixé à mardi minuit.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.