Avi Gabbay élu chef du Parti travailliste
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Avi Gabbay élu chef du Parti travailliste

L'ex-ministre de Koulanou (52,4 % des voix) l'a emporté sur Amir Peretz, et a promis d'incarner “l'espoir et le changement”

Avi Gabbay le jour de son élection à la tête du Parti travailliste, à Tel Aviv, le 10 juillet 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Avi Gabbay le jour de son élection à la tête du Parti travailliste, à Tel Aviv, le 10 juillet 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Avi Gabbay, nouveau venu en politique, a été élu lundi chef du Parti travailliste, principal parti de l’opposition israélienne, qui tente de sortir d’une phase de déclin marquée par le départ de ses partisans pour des formations centristes ou de droite.

Au terme d’une élection serrée, cet ancien homme d’affaires a obtenu 52,4 % (16 080 votes) des voix face à Amir Peretz (47,6 % – 14 734 votes), homme politique du sérail du Parti travailliste qu’il a dirigé pendant plusieurs années, a annoncé le parti dans un communiqué.

Avi Gabbay, 50 ans, avait rejoint le parti en décembre dernier, après avoir quitté le parti de centre-droit Koulanou.

Il a promis lundi sur sa page Facebook d’incarner « l’espoir et le changement » et de faire en sorte que le parti travailliste redevienne « plein de vie ».

Pendant son discours de victoire, il a déclaré que « vous avez placé votre espoir dans un nouveau dirigeant, et me voilà, devant vous. »

Avi Gabbay, nouveau chef du Parti travailliste, au soir de sa victoire, à Tel Aviv, le 10 juillet 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Avi Gabbay, nouveau chef du Parti travailliste, au soir de sa victoire, à Tel Aviv, le 10 juillet 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Aujourd’hui, une nouvelle voie commence. La voie s’ouvre maintenant. La voie mène à un nouveau gouvernement, a-t-il dit. Cette voie est pour tous. Cette voie est pour tous les citoyens d’Israël », a déclaré Gabbay, qui a appelé à l’unité entre tous les Israéliens et a appelé tous les partisans du parti à le soutenir.

« Ma seule préoccupation est le bien du peuple, le bien du pays », a-t-il dit.

Quelque 52 000 membres du parti étaient éligibles pour participer au second tour de l’élection. Les bureaux de vote ont fermé à 21h00 locales.

Les deux candidats avaient atteint le second tour en battant cinq autres prétendants à la direction du parti la semaine dernière, Amir Peretz obtenant 32,7 % des voix et Avi Gabbay 27,1 %.

Gabbay et Peretz se sont parlés au téléphone peu après l’annonce des résultats, selon un communiqué de Gabbay. Ce dernier a dit à Peretz qu’il le voyait « comme un partenaire central de notre mission : remplacer le gouvernement Netanyahu. »

Isaac Herzog, chef du Parti travailliste, avec son épouse Michal, le jour des élections pour la tête de son parti, le 4 juillet 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Isaac Herzog, chef du Parti travailliste, avec son épouse Michal, le jour des élections pour la tête de son parti, le 4 juillet 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le président sortant du Parti travailliste Isaac Herzog était arrivé en troisième position avec 16,7 % des suffrages. Engagé de longue date au sein du parti, Isaac Herzog ne s’était jamais remis de la défaite de son parti aux législatives de 2015.

Il a aussi pâti du glissement à droite de l’électorat israélien ces dernières années, le Likud de Benjamin Netanyahu ayant été maintenu au pouvoir sans interruption depuis 2009.

Les partis centristes comme Yesh Atid et Koulanou, dont Avi Gabbay était membre jusqu’à récemment, ont également bénéficié de cette tendance au détriment du Parti travailliste.

Ehud Barak a été le dernier Premier ministre travailliste du pays, de 1999 à 2001, remplacé en pleine deuxième Intifada par l’ancien général Ariel Sharon, alors chef du Likud.

Avant les élections de 2015, le Parti travailliste et le parti de centre-gauche Hatnua de Tzipi Livni s’étaient alliés pour former l’Union sioniste, qui a remporté 24 sièges à la Knesset (qui en compte 120), devenant la principale force d’opposition au gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Isaac Herzog et Tzipi Livni pendant la réunion du groupe parlementaire de l'Union sioniste à la Knesset, le 27 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Isaac Herzog et Tzipi Livni pendant la réunion du groupe parlementaire de l’Union sioniste à la Knesset, le 27 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

‘Image miroir’

Les origines marocaines des deux candidats avaient été mises en avant par leurs partisans qui espéraient que, dans un pays où l’establishment politique est encore dominé par les ashkénazes, elles leur permettraient d’élargir la base électorale du parti.

Les deux candidats sont favorables à une solution à deux états au conflit israélo-palestinien mais en dehors de ce point de convergence, ils ont peu en commun.

Quand il était ministre, Gabbay ne s’est pas exprimé sur le conflit, qui est généralement un sujet fondamental pour un prétendant au poste de président de l’un des plus grands partis d’Israël.

Il affiche une position centriste sur le sujet, appelant à la mise en place d’un état palestinien démilitarisé au côté d’Israël. Sa vision comprend des échanges de territoires permettant à Israël de garder ses grands blocs d’implantations.

Sur son site internet, Gabbay note également l’importance d’améliorer la situation économique ds territoires paelstiniens et du besoin d’y réprimer les « éléments islamistes extrémistes ».

Avi Gabbay à son arrivée dans un bureau de vote de Tel Aviv, le 10 juillet 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Avi Gabbay à son arrivée dans un bureau de vote de Tel Aviv, le 10 juillet 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Le conflit peut être résolu », écrit-il, mais pour cela, « nous avons besoin de dirigeants courageux et déterminés qui ne changent pas d’avis, n’incitent pas [à la violence et à la haine] et ne divisent pas le peuple. »

Marié et père de trois enfants, Gabbay est un nouveau venu en politique. Il a commencé sa carrière au prestigieux département du budget du ministère de l’Economie, où il a travaillé quatre ans avant de rejoindre Bezeq, géant des communications, dont il a fini par prendre la direction.

Pour Nahum Barnea, un des principaux commentateurs du grand quotidien populaire Yediot Aharonot, la « riche expérience politique » d’Amir Peretz est un avantage mais aussi une faiblesse : au cours de ses nombreuses années en politique, Peretz s’est attiré un nombre non négligeable d’ennemis. Avi Gabbay est l’image miroir de Peretz : « nouveau, frais et sans expérience ».

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