Avec la mi-décembre survient le Second Festival de Jazz de Jérusalem, qui se tiendra du 14 au 16 de ce mois dans les galeries et dans les espaces ouverts de l’Israel Museum. Il est dirigé par le musicien de jazz Avishai Cohen, trompettiste dorénavant expatrié pour qui le plus grand bonheur est de revenir “chez lui”, en Israël.

C’est une belle initiative d’avoir Cohen, avec son réseau mondial d’artistes de jazz, à la tête de ce festival qui entre dans le cadre du programme annuel du Festival d’Israël.

Cette année, Cohen a préparé une liste éclectique de musiciens, parmi lesquels tous ne sont pas des spécialistes du jazz. Il a en effet le penchant de vouloir « rassembler une musique qui incarne un peu plus de choses que seulement le ‘cool jazz’ », dit-il, s’exprimant dans le salon d’un aéroport à Mumbai.

“Je veux que ce soit intéressant et émouvant aussi”, déclare Cohen.

« Ce que j’adore dans la musique, c’est quand elle est honnête et qu’elle sort tout droit du coeur. C’est un voyage émotionnel absolu pour celui qui écoute, et c’est le but que je poursuis quand je joue et quand j’écris, et lorsque j’organise un festival aussi. Je prends instinctivement les gens qui peuvent faire vivre cette expérience – pas seulement un nom célèbre, je me moque de ça. Ils doivent vouloir venir pour les bonnes raisons. Cela doit être un voyage, une expérience pour le public et pour les musiciens ».

L’événement, qui entre dans le cadre du Festival d’Israël de la ville, est organisé en partenariat avec l’institution musicale locale Yellow Submarine, la Fondation de Jérusalem et l’Israel Museum.

Cette année, les spectacles de jazz à découvrir durant trois nuits d’affilée comprennent cinq oeuvres spécifiquement réalisées pour le festival, ainsi que certains plaisirs et des sessions de jam organisées au fil des errances des musiciens dans les halls et les galeries du musée.

Parmi les artistes invités, la chanteuse américaine Rickie Lee Jones et le Non-Standards Project, Jeff Ballard, Jason Lindner, Mark Turner, Too Many Zooz, Anat Fort, Ilan Salem, ainsi que le Avishai Cohen Quartet.

Jones est le nom le plus célèbre parmi les invités. La chanteuse a remporté à deux occasions un Grammy, la première fois pour son titre “Chuck E.’s in Love” en 1980.

“C’est une chanteuse de folk-rock qui vient d’un lieu différent”, explique Cohen. « Mais elle mène un projet très spécifique et c’est très courageux à elle de venir. J’ai été très surpris lorsqu’elle a dit oui parce qu’il faut vraiment de l’audace pour faire ça et pour prendre un jeune arrangeur qui va s’amuser avec sa musique. Pour moi, c’est ça, le jazz : c’est vous jeter dans le vide et voir ce qui va arriver ».

Cohen et Turner, saxophoniste connu, font partie d’un quartet qui joue souvent ensemble. Leur dernier concert remonte à la semaine dernière sur une scène européenne.

Pour Cohen, trouver les bons partenaires pour jouer est comme assembler un puzzle. Son objectif, dit-il, est plus que “le cool jazz”.

“J’ai besoin de gens dont je sais que je pourrai tirer de l’expérience lorsqu’on jouera dans le musée”, confie-t-il. “Il s’agit d’intimité avec le public qui se trouve juste en face de vous et c’est comme ça que je joue et que je fais de la musique. Elle doit être vivante et coulante.”

L’Israel Museum, indique Cohen, fait partie de cette expérience globale.

“Je suis un musicien voyageur”, sit-il. « Je vais tous les soirs dans un club, un hall, un festival, et là, soudainement, vous arrivez dans cet endroit et vous comprenez que ça va être différent ».

L’année dernière, explique Cohen, ils jouaient dans le musée et l’un des musiciens présents a demandé si c’était un vrai Picasso qui était accroché au mur.

C’était le cas.

“Si vous êtes un artiste, l’art vous excite, il provoque”, dit-il. « Le musée est un instrument stupéfiant et un défi pour les musiciens. Je suis curieux de le voir pour mon propre concert et avec Mark. »

Et malgré le temps passé loin d’Israël au cours des 20 dernières années, il n’y a aucune sensation équivalente à celle éprouvée lors d’un retour sur sa terre.

“C’est l’un de mes endroits préférés pour jouer”, déclare Cohen. « Le public est étonnant, toujours chaleureux et il n’y a jamais aucun problème. Si vous donnez, vous recevez mais ce n’est pas automatique. Vous devez vouloir donner. »

La seconde édition du Festival de Jazz de Jérusalem se tiendra du mercredi 12 au vendredi 14 décembre. Mercredi et jeudi 18h30 et vendredi 10h30. Consultez le site Internet du Festival de Jazz de Jérusalem pour les détails concernant les tickets disponibles à la galerie et les concerts de l’auditorium.