Avigdor « Yanush » Ben-Gal célèbre général israélien qui a permis de stopper l’avancée syrienne sur le plateau du Golan pendant la guerre de Kippour en 1973, est décédé samedi à l’âge de 80 ans.

Ben-Gal était le commandant de la 7e brigade de blindés pendant la guerre, et supervisait la défense du plateau du Golan contre une force armée syrienne beaucoup plus importante. Il a plus tard dirigé le commandement nord de l’armée israélienne.

Ben-Gal est né en 1936 à Lodz, en Pologne. La famille s’est échappée de l’Union soviétique quand la Seconde Guerre Mondiale a éclaté, et en chemin sa sœur et lui ont perdu contact avec leurs parents. Ils ont tous deux réussi à rejoindre la Palestine sous mandat britannique en passant par l’Iran.

Il a rejoint le corps blindé militaire israélien en 1955. Il a progressé dans les rangs au cour des ans, jusqu’à devenir commandant de la 7e brigade.

Avigdor Ben-Gal pendant la guerre en 1973. (Crédit : archives de l'armée israélienne)

Avigdor Ben-Gal pendant la guerre en 1973. (Crédit : archives de l’armée israélienne)

Il est devenu célèbre pendant la guerre de Kippour quand une force syrienne comprenant 700 tanks à affronter les 175 tanks israéliens. Les troupes de Ben-Gal – comprenant notamment Avigdor Kahalani, commandant du 77ème bataillon de tank – ont réussi à bloquer l’avance syrienne jusqu’à ce que des renforts arrivent.

Malgré une grande incertitude au début du conflit sur la capacité d’Israël à faire face à l’armée syrienne, à la fin des quatre jours de combats, seule une petite douzaine de tanks israéliens avait été perdue, alors que la 7ème brigade mécanisée avait réussi à détruire des centaines de tanks syriens et de véhicules blindés.

A la fin de la guerre, les commandants de l’armée israélienne et le ministre de la Défense Moshe Dayan ont déclaré à Ben-Gal qu’il avait « sauvé l’Etat d’Israël », s’est-il rappelé dans un entretien avec la Première chaîne en 2014.

Alors que cette guerre est généralement considérée comme un mauvais épisode de l’histoire militaire israélienne, Ben-Gal a vu la campagne comme un succès israélien sans équivoque. Il a une fois parlé de « victoire formidable, immense, la plus grande de l’histoire d’Israël et plus grande même que la guerre d’indépendance ».

Retour des otages après l'opération Entebbe, le 4 juillet 1976. (Crédit : archives de l'armée israélienne)

Retour des otages après l’opération Entebbe, le 4 juillet 1976. (Crédit : archives de l’armée israélienne)

Ben-Gal a ensuite été nommé à la direction des opérations à l’Etat major, et a aidé sur la mission opération Entebbe – la mission de sauvetage en 1976 d’otages israéliens retenus par des membres du front de libération de la Palestine (FLP). A la fin des années 1970, il a été commandant du nord et a été pendant la première guerre du Liban (1982) l’un des dirigeants de l’invasion militaire du Liban.

Il a été considéré comme le favori pour être nommé chef de l’Etat major en 1983, mais Moshe Levi a finalement été nommé. Ben Gal a quitté l’armée en 1985.

Plus tard, Ben Gal a occupé divers postes, comme directeur du groupe d’infrastructure aquatique Tahal et président du bureau des directeurs des industries aérospatiales israéliennes.

« Pendant les jours les plus sombres de la guerre de Kippour, quand le destin de la nation était dans la balance, Yanush et ses courageux soldats ont défendu de leurs vies notre frontière nord, » a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu après l’annonce du décès de Ben-Gal. « Nous nous rappellerons de luis comme l’un des plus grands commandants que le peuple d’Israël a connu. »

Le président Reuven Rivlin a décrit Ben-Gal comme « un commandant qui a laissé sa marque sur la sécurité israélienne » et a déclaré que « le peuple d’Israël aura éternellement une dette envers lui ».

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré que la vie de Ben Gal était « incroyable et unique […]. Yanush était au cœur du travail militaire, toujours présent quand les décisions les plus critiques étaient prises […]. Il était un soldat et un commandant dans l’essence même de son être. »

Judah Ari Gross a contribué à cet article.