Le tribunal militaire se réunira mardi après-midi pour examiner la peine du sergent Elor Azaria, un soldat jugé coupable d’homicide au début du mois pour avoir tué un terroriste palestinien blessé et désarmé.

Cette affaire a profondément divisé la société israélienne.

L’audience de condamnation d’Azaria devrait commencer mardi à midi.

Les procureurs, représentés par le lieutenant-colonel Nadav Weisman, devraient requérir trois à cinq ans de prison pendant l’audience, qui se déroulera au siège de l’armée israélienne à Tel Aviv. De fastidieuses querelles de procédure sont cependant susceptibles de renvoyer les réquisitions de l’accusation à une autre date.

La défense cherchera à éviter une peine de prison et devrait présenter des témoins de moralité, dont d’anciens enseignants d’Azaria, des soldats qui ont servi avec lui et sa mère, pour témoigner en sa faveur.

Azaria devrait aussi demander aux juges de prêter attention à ses parents, qui souffriraient de problèmes de santé. Ses avocats ont également indiqué qu’ils feraient appel du verdict.

Le réquisitoire des procureurs devrait être également influencé par son service distingué avant l’évènement de Hébron, et, inversement, le refus d’Azaria pendant le procès de reconnaître qu’il avait eu tort, ou de présenter des regrets.

Les avocats de la défense d'Elor Azaria, Ilan Katz, au centre, et Eyal Besserglick, à droite, s'adressent à la presse devant le tribunal de Tel Aviv, le 4 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les avocats de la défense d’Elor Azaria, Ilan Katz, au centre, et Eyal Besserglick, à droite, s’adressent à la presse devant le tribunal de Tel Aviv, le 4 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Pour tenter d’empêcher cela, l’équipe juridique de l’armée a récemment proposé à Azaria, 20 ans, une peine de prison de 18 mois, qui s’ajouteraient à sa détention provisoire. En échange, le soldat de la brigade Kfir aurait dû accepter de ne pas faire appel et d’exprimer des regrets pour ses actes, a annoncé la Dixième chaîne lundi soir.

La famille a cependant rejeté l’accord, a annoncé la chaîne en citant une source proche des Azaria.

Le verdict de culpabilité d’Azaria a déclenché un débat violent en Israël. Beaucoup affirment qu’il ne faisait que son devoir, et que l’armée l’a utilisé comme bouc émissaire. L’état-major de l’armée a cependant condamné immédiatement le tir. Un porte-parole de l’armée avait déclaré à ce moment que « ce n’est pas Tsahal, ce ne sont pas les valeurs de Tsahal, et ce ne sont pas les valeurs du peuple juif. »

Les partisans d’Azaria ont prévu de manifester devant le quartier général de l’armée pendant l’audience de condamnation. Les invitations ont été lancées par Facebook et WhatsApp.

La manifestation devant la cour pendant le prononcé du verdict d’Azaria avait été très violente, les soutiens du soldat, dont des partisans d’extrême-droite du club de football du Beitar Jérusalem, avaient affronté les policiers et les garde-frontières déployés pour maintenir l’ordre.

L’AFP a contribué à cet article.