Tout part d’une histoire vraie. En 1939, quelques pionniers juifs quittent la Palestine mandataire direction l’Allemagne. Leur but : rapatrier des Juives allemandes en Palestine grâce à des mariages en blanc. Une clause du contrat stipule que dès leur arrivée, un divorce sera prononcé afin de libérer ses femmes. Mais l’un d’entre eux, le pauvre Markovitch, qui fut « brutalisé et humilié par tout le monde », sauve une femme magnifique, trop pour lui peut-être. Et comme la loi juive laisse au privilège de l’homme seul le droit de divorcer, Markovitch décide de la garder captive.

Psychologue de formation, scénariste à succès, et auteure d’un deuxième roman, Ayelet Gundar-Goshen a su donner de l’épaisseur à ses personnages secondaires qui évoluent dans l’Israël des premières heures.

Au Point, l’auteure, née en 1982 en Israël, confiait « avoir été sous le choc » à la découverte de cette anecdote : « comment peut-on accomplir un acte aussi héroïque et périlleux puis se comporter aussi mal ? ». De cette histoire naîtra une fantaisie où s’entremêleront histoires d’amitiés, d’amour, et de guerre.

A propos de guerre justement, Gundar-Goshen déclare vouloir être « une conscience de son temps », une spectatrice engagée au sens de Raymond Aron.

Elle déclarait à l’hebdomadaire : « Les deux camps doivent renoncer à l’idée puérile que si on crie assez fort ou si l’on se bat suffisamment longtemps, la partie adverse disparaît. Personne ne partira, et nous devons trouver un moyen de vivre ensemble ».

Une nuit, Markovitch, Ayelet Gundar-Goshen, traduit de l’hébreu par Ziva Avran, Arlette Pierrot et Laurence Sendrowicz, Presse de la cité, 23 euros.