Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault se rend mardi à Téhéran pour rassurer l’Iran sur la volonté de Paris de poursuivre la mise en oeuvre de l’accord sur le nucléaire, au moment où le monde s’interroge sur les intentions du président américain Donald Trump.

La visite est à la fois politique et économique, puisqu’une délégation d’une cinquantaine de chefs d’entreprise français sera présente pour la tenue mardi matin de la première commission franco-iranienne, créée lors de la visite en France du président iranien Hassan Rouhani il y a un an.

Dans l’après-midi, M. Ayrault sera reçu par Rouhani et aura des entretiens avec son homologue Mohammad Javad Zarif, centrés sur les questions régionales et l’accord nucléaire.

Conclu de haute lutte en juillet 2015 à Vienne, après des années de négociations entre le P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine, Russie et Allemagne) et Téhéran, l’accord garantit la nature pacifique du programme nucléaire iranien, en échange de la levée des sanctions internationales contre Téhéran.

Les intentions du président américain Donald Trump, qui a promis pendant sa campagne de « déchirer » cet accord, et l’a qualifié de « stupide » dans un récent entretien à des quotidiens européens, suscitent cependant nombre d’interrogations.

Le président élu Donald Trump, entouré de sa famille, s'adresse à ses partisans le soir de l'élection à New York, le 9 novembre 2016. (Crédit : AFP/Timothy A. Clary)

Le président élu Donald Trump, entouré de sa famille, s’adresse à ses partisans le soir de l’élection à New York, le 9 novembre 2016. (Crédit : AFP/Timothy A. Clary)

« On attend. On est dans l’expectative », indique un diplomate français assurant ne pas être spécialement « inquiet ».

« Ce deal, pour nous, est toujours valable. L’Iran a respecté grosso modo ses engagements, et il faut que l’accord soit respecté de part et d’autre », ajoute cette source.

Des accords et des lettres d’intention devraient être annoncés à l’issue de la commission franco-iranienne. Plusieurs grandes entreprises françaises ont conclu en 2016 des accords avec l’Iran, après des années d’absence en raison des sanctions internationales.

Total, Airbus, Peugeot et Renault ont ainsi fait leur retour sur le marché iranien.

« Faire des affaires avec l’Iran, c’est évidemment bon pour les entreprises, mais ce n’est pas que ça. C’est aussi renforcer ceux qui ont soutenu l’accord sur le nucléaire, les modérés qui sont les plus proches de nos vues », souligne le diplomate.

Lors de ses entretiens politiques, Ayrault évoquera également les crises régionales (Syrie, Yémen, Liban, Irak) dans lesquelles Téhéran est impliqué.